Photo d'ensemble après la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères de l'EAC-SADC. ©RDC/Minaffet
Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres des Communautés d’Afrique de l’Est (EAC) et d’Afrique australe (SADC) se sont réunis lundi 17 mars à Harare (Zimbabwe) pour tabler sur la situation en République démocratique du Congo dans le cadre du processus de paix conjoint EAC-SADC. Les chefs de diplomatie régionaux ont adopté une feuille de route complète qui détaille les résolutions visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC, à l’immédiat, à moyen et à long termes. Voici les points essentiels à retenir, d’après le communiqué final de la réunion ministérielle :
- Dans un court terme, soit en 30 jours, les ministres des Affaires étrangères de l’EAC-SADC appellent les parties au conflit à entamer un dialogue direct au niveau militaire afin de s’engager en faveur d’un cessez-le-feu sans condition, de cesser les hostilités et d’arrêter toute expansion territoriale, pour permettre l’ouverture des aéroports de Goma (Nord-Kivu) et Kavumu (Sud-Kivu), et faciliter l’accès et le libre mouvement des humanitaires ainsi que l’évacuation continue de la zone de conflit.
- Les ministres appellent à la création d’un mécanisme conjoint de vérification EAC-SADC pour surveiller le respect du cessez-le-feu, au côté du Mécanisme conjoint de vérification élargi de la CIRGL (MCVE) déjà existant.
- Dans un moyen terme, soit entre 30 et 120 jours, la réunion ministérielle préconise la mise en œuvre des « mesures de confiance aux niveaux politique et militaire » concomitamment avec les processus de la médiation et des négociations. « Le dialogue avec les parties aux conflits sera assuré par les représentants conjoints de l’EAC et de la SADC dans le cadre de la fusion Luanda-Nairobi », suggère le communiqué final des diplomaties régionales.
- Ces « mesures de confiance » devraient conduire à un cessez-le-feu permanent. Dans l’entretemps, l’appel sera lancé à l’ONU d’élaborer « des mesures/mandats appropriés » pour renforcer la capacité de la Monusco à soutenir les efforts de sécurisation de Goma, Bukavu et des régions environnantes.
- Dans un long terme, au-delà de 120 jours, la fusion SADC-EAC se penchera sur les moyens de « s’attaquer aux causes profondes du conflit », de soutenir les efforts de stabilisation et de consolidation de la paix, de renforcer les capacités des Forces armées de la RDC « afin qu’elles puissent assurer la sécurisation de Goma, Bukavu et des régions environnantes », mais aussi de rétablir les autorités étatiques et civiles du gouvernement de la RDC pour le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.
La feuille de route des ministres régionaux sera soumise à un sommet conjoint des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’EAC-SADC pour être entérinée.
Pendant ce temps, le rendez-vous des pourparlers de paix de Luanda entre le gouvernement de la RDC et l’AFC/M23 est manqué après l’imposition, lundi, par le Conseil de l’Union européenne, des sanctions contre des responsables du groupe armé ainsi que des entités et personnalités rwandaises. Dans un communiqué publié la soirée de lundi, l’AFC/M23 s’est retracté, dénonçant « une attitude incompréhensible, équivoque et ambigüe » de l’UE. La médiation angolaise a confirmé dans la soirée la tenue de ces négociations, auxquelles Kinshasa a confirmé sa participation.
Mongongo
