Au petit matin de ce lundi 8 septembre, la ville d’Uvira, en République démocratique du Congo s’est réveillée sous le signe de la contestation. Une marche pacifique, encadrée par les forces vives locales et les groupes des jeunes Wazalendo, a traversé les artères principales de la ville . En toile de fond : le rejet catégorique du Général Olivier Gasita, nouvellement nommé à la tête des opérations et du renseignement militaire dans la 33ᵉ région.
« Nous ne voulons pas d’un officier qui a laissé Bukavu tomber entre les mains du M23. Son retour ici est une provocation », s’est indigné un jeune militant de Kavimvira.
La désignation du Général Gasita par Kinshasa est perçue comme une trahison par une partie de la population. Pour les manifestants, son passé militaire et ses affiliations communautaires soulèvent des soupçons de collusion avec les rebelles du M23/AFC.
« Ce n’est pas une question de tribu, c’est une question de confiance, et nous ne lui faisons pas confiance », a lancé une commerçante de la région.
Pendant ce temps, les manifestants qui se sont précipiter pour descendre en masse : hommes, femmes, enfants sont en train d’être dispersés par les éléments de l’ordre, pour calmer les manifestants.
Dans certains coins, ce sont des coups de balles qui se font entendre. Les manifestants n’ont pas le choix à part de sauver leur vie en courant dans les ruelles de différents quartiers d’Uvira, au Sud-Kivu.
En guisede rappel, depuis le 2 septembre, la ville d’Uvira vit au rythme des journées « ville morte ». Les marchés sont vides, les axes routiers bloqués, les échanges transfrontaliers avec la République du Burundi suspendus.
Malgré les tensions, les organisateurs insistent sur le caractère pacifique de la mobilisation. Aucun incident majeur n’a été signalé ce lundi, mais les jours précédents ont été marqués par des affrontements entre les forces armées de la RDC FARDC et les Wazalendo, avec plusieurs morts civils.
« Nous ne sommes pas contre l’armée, nous sommes contre l’injustice. Que le gouvernement écoute enfin la voix du peuple ».
Alors que les autorités militaires défendent leur choix et dénoncent une « manœuvre des ennemis de la République », la population d’Uvira attend des réponses concrètes. Le départ du Général Gasita est devenu le symbole d’un ras-le-bol plus profond : celui d’une gouvernance sécuritaire déconnectée des réalités locales.
Lors de sa dernière sortie médiatique la semaine écoulée, le porte-parole de l’armée congolaise, le Général-major Sylvain Ekenge avait apporté au nom des FARDC, son soutien au Général repoussé vers la sortie.
Etienne Mosengo

C’est vraiment préoccupant de voir comment la situation à Uvira dégénère. La nomination du Général Gasita semble avoir exacerbé les tensions, et la réaction de la population est compréhensible compte tenu de leur méfiance envers lui. Cependant, est-ce que cette contestation, aussi légitime soit-elle, ne risque pas de mettre en danger davantage de civils ? Les images de manifestants dispersés par la force et les bruits de coups de feu sont vraiment alarmants. Comment les autorités comptent-elles rétablir la confiance avec la population tout en assurant la sécurité dans la région ? Espérons que les organisateurs parviendront à maintenir le caractère pacifique de leur mouvement malgré les provocations. Mais jusqu’où cette crise peut-elle aller avant qu’une solution durable ne soit trouvée ?
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