Combattants du M23. © droits tiers
L’est de la République démocratique du Congo continue d’être le théâtre de violences atroces. Dans un rapport publié le 20 août, Amnesty International accuse le M23, soutenu par le Rwanda, ainsi que certains groupes armés Wazalendo, de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, susceptibles de constituer des crimes de guerre.
Des atrocités systématiques dans les zones sous contrôle du M23
Entre février et juin 2025, l’organisation de défense des droits humains a documenté plusieurs crimes commis par le M23 dans les zones qu’il occupe. viols collectifs, enlèvements de patients et de gardes-malades dans des hôpitaux, exécutions sommaires, détention illégale de membres de la société civile, tortures et traitements cruels infligés à des journalistes et défenseurs des droits humains.
« La brutalité des parties belligérantes ne connaît aucune limite. Ces atrocités visent à punir, intimider et humilier les civil·e·s, alors que chaque côté tente d’asseoir son contrôle », déclare Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe.
Les Wazalendo également mis en cause
Le rapport pointe aussi des combattants Wazalendo accusés d’avoir violé des femmes et des filles dans les territoires de Masisi et Rutshuru (Nord-Kivu), mais aussi à Kalehe (Sud-Kivu). Les victimes, selon Amnesty, peinent souvent à identifier leurs agresseurs car ces miliciens ne portent pas toujours d’uniforme ou d’insigne distinctif.
Appel à la responsabilité de Kinshasa et Kigali
Amnesty interpelle à la fois Kinshasa et Kigali. L’ONG demande au gouvernement congolais de respecter son engagement en matière de justice et de reddition de comptes, en poursuivant les combattants Wazalendo coupables de crimes et en favorisant la démobilisation et la réintégration des autres. Elle appelle également le Rwanda à s’assurer que les Forces rwandaises de défense présentes en RDC respectent pleinement le droit international humanitaire.
Parallèlement au suivi des évolutions diplomatiques liées au conflit, l’organisation appelle à l’action de la communauté internationale.
« Amnesty International appelle le Qatar à faire pression sur le M23 pour qu’il cesse de se livrer à des enlèvements et des disparitions forcées. En outre, les États-Unis doivent exhorter l’État congolais à mettre en application un mécanisme de contrôle permettant d’identifier tout combattant de groupe armé et tout membre des forces de sécurité susceptible d’être impliqué dans des violations des droits humains ou atteintes à ces droits », souligne le rapport.
Mongongo
