ILLUSTRATION / Photo d'ensemble des délégations congolaise et rwandaise avec le président Trump.
La mise en œuvre de l’Accord de Washington, censé accélérer la résolution de la crise dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, avance à pas pesants. Selon un rapport de monitoring indépendant, sur les 30 tâches prévues par l’accord, seules 19 ont connu un début d’exécution, et aucune n’était totalement achevée à la fin novembre 2025.
Kinshasa, 2 décembre 2025 – Dans son « Rapport d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord de paix de Washington », publié le 1er décembre, le Baromètre des accords de paix en Afrique alerte sur les retards accusés par les parties signataires (la RDC et le Rwanda) dans l’application des engagements pris le 27 juin 2025 sous supervision américaine.
Les lenteurs sont particulièrement visibles sur les volets sécuritaires, considérés comme centraux et les plus sensibles du processus. Le rapport souligne que les tâches les plus bloquantes concernent notamment la neutralisation des combattants FDLR du côté congolais et la levée des « mesures défensives » rwandaises.
Un calendrier conjoint adopté le 17 septembre devait permettre l’exécution de ces deux étapes entre le 1ᵉʳ et le 30 octobre. Les FARDC avaient alors lancé une campagne de sensibilisation pour encourager la reddition volontaire des FDLR auprès des autorités ou de la Monusco. Kigali, de son côté, conditionne tout désengagement à la neutralisation préalable de ces combattants, présentée comme indispensable avant toute levée de ses dispositifs défensifs.
Les responsabilités sont partagées entre les deux États et la communauté internationale. Sur les 26 tâches auxquelles la RDC doit contribuer, 16 ont connu un début d’exécution (22,1 %). Le Rwanda est impliqué dans 22 tâches, dont 13 ont été partiellement exécutées (22,7 %). Quant aux partenaires internationaux — États-Unis, Qatar, médiateur africain et Nations unies — ils participent à 7 actions, dont une seule a avancé.
Pour le Baromètre, ces retards s’expliquent par plusieurs facteurs : déficit de confiance mutuelle, application sélective des engagements, priorisation inégale des volets politique, sécuritaire et économique, faibles capacités opérationnelles, manque de ressources, chevauchements entre les processus de Washington et de Doha, mais aussi une communication insuffisante dans le suivi institutionnel.
Le rapport note toutefois quelques avancées : la signature, le 8 novembre, du cadre d’intégration économique régionale entre la RDC et le Rwanda, ou encore la conclusion à Doha, le 15 novembre, de l’accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Pendant ce temps, la situation sur le terrain demeure extrêmement volatile.Dans le Sud-Kivu, de nouveaux affrontements ont opposé, ce 2 décembre, les forces gouvernementales appuyées par les Wazalendo au groupe AFC/M23, soutenu par le Rwanda, notamment à Nyangezi, Kaziba, Kamanyola et Katogota. Selon la société civile locale, ces combats ont paralysé toutes les activités dans plusieurs localités. Au Nord-Kivu, les territoires de Masisi et de Walikale ont eux aussi connu des épisodes récents de violences, en violation du cessez-le-feu convenu dans les processus en cours.
Félix ISSA / Mongongo News
