Les présidents de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et du Rwanda, Paul Kagame, sont attendus à Washington ce 4 décembre pour entériner l’Accord de paix signé le 27 juin dernier. D’autres chefs d’État de la région, notamment le Burundais Évariste Ndayishimiye et le Kényan William Ruto, prendront également part à cette rencontre confirmée lundi par la Maison Blanche.
Cette ratification constitue une étape cruciale dans le processus de paix mené sous médiation américaine. L’accord vise à rétablir la stabilité dans la région des Grands Lacs, mettant au passage fin à la guerre persistante dans l’est de la RDC.
Ce conflit trentenaire entretient un climat de méfiance entre les deux gouvernements concernés. Dans sa rhétorique, Kinshasa reproche à Kigali de parrainer le groupe armé AFC/M23, allégation que l’autre partie rejette fermement.
S’exprimant la semaine dernière devant les Congolais résidant en Serbie, Félix Tshisekedi a confirmé sa participation à la cérémonie d’entérinement de l’accord, tout en rappelant sa condition pour la mise en œuvre du cadre d’intégration économique régionale, qui reste le désengagement complet des forces rwandaises du territoire congolais.
« Cet accord sur l’intégration régionale ne prendra en compte le Rwanda que lorsque celui-ci aura quitté totalement le sol congolais, lorsqu’il nous aura laissés en paix et que la confiance entre nous aura été reconstruite. On ne fait pas le commerce avec quelqu’un dont on se méfie, et en qui on n’a pas confiance », a déclaré le président congolais le week-end dernier.
« Un piège » ? La mise en garde de Fayulu à Tshisekedi
En RDC, l’opposition reste critique face à la signature de l’accord. Martin Fayulu a mis en garde le chef de l’État, lors d’un meeting le 30 novembre, contre un « piège » qu’il voit dans certains engagements, notamment ceux liés à la sécurité et à l’intégration économique régionale.
Le gouvernement, de son côté, affirme que le déplacement du président à Washington s’inscrit dans la continuité de son engagement pour le retour de la paix. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, appelle par ailleurs la population à la vigilance face « à la manipulation et aux campagnes de désinformation tramées par le M23 ».
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