Illustration : P. Kagame, président du Rwanda
La situation devient de plus en plus explosive pour le régime de Kigali, qui se voit peu à peu isolé du monde après que le gouvernement du Canada a annoncé, lundi 3 mars 2025, avoir pris des sanctions contre le Rwanda, suite à son appui direct fourni au groupe terroriste du M23 dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.
Le Canada se porte à faux contre la violation manifeste de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et annonce une aide humanitaire élevée à 15 millions de dollars en faveur des personnes affectées par la violence.
Le gouvernement canadien a annoncé la suspension de la délivrance des licences pour l’exportation des marchandises et technologies contrôlées vers le Rwanda.
Le Pays à la feuille d’érable a également suspendu les nouvelles activités commerciales « de gouvernement à gouvernement » avec le Rwanda. Cette décision concerne aussi le soutien proactif aux activités de développement commercial du secteur privé, y compris les missions commerciales.
Il a en outre annoncé la décision de reconsidérer sa participation aux événements internationaux organisés au Rwanda ainsi que les propositions rwandaises pour l’organisation de futurs événements.
Le représentant du gouvernement rwandais au Canada a été convoqué pour être tenu au courant de ces nouvelles mesures prises contre le Rwanda, à en croire la déclaration des ministres des Affaires étrangères, du Développement international et de la Promotion des exportations.
« Affaires mondiales Canada a convoqué le haut-commissaire du Rwanda au Canada pour lui faire part de la position du Canada quant à la violation manifeste par le Rwanda de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, et pour informer le Rwanda de ces mesures », lit-on sur le portail officiel du Canada.
De son côté, Kigali estime que ces mesures « ne résoudront pas le conflit ». Dans un communiqué de presse du ministère rwandais des Affaires étrangères attribue la responsabilité de la crise dans l’est du Congo au gouvernement de Kinshasa. La coalition rebelle AFC/M23 appuyée par les Forces de défense du Rwanda (RDF) sont accusés de perpétrer des crimes et de graves violations de droits humains dans la région qu’elle occupe.
Le conflit dans l’est de la RDC continue de plomber les relations diplomatiques entre le Rwanda et la communauté internationale. Le Royaume uni a suspendu le 25 février dernier une grande partie de ses aides financières octroyés au Rwanda en raison de l’invasion et la progression des soldats RDF dans les deux Kivu, en appui aux combattants de l’AFC/M23. L’Union européenne, par ailleurs, a suspendu les consultations militaires avec le Rwanda, tout en lui demandant de retirer ses troupes de la RDC.
Mongongo
