Illustration : Joseph Kabila, ancien président de la RDC, avec Corneille Nangaa, ancien président de la CENI en RDC, actuel chef de la rébellion du M23/AFC. © Droits tiers.
En RDC, c’est un message plutôt rassembleur qui est lancé ce jeudi 27 février par le président du parti « Engagement pour la citoyenneté et le développement » (ECIDé) à l’endroit de la classe politique, dans un contexte où l’est du pays est secoué par la guerre d’agression rwandaise. Martin Fayulu appelle la population congolaise à porter « la cohésion nationale » comme une priorité absolue, face à une menace de balkanisation.
« Combien de morts faudra-t-il encore pour que nous prenions pleinement conscience de l’urgence d’unir nos forces, de transcender nos divergences et de trouver une solution pour préserver le 2 345 410 kilomètres carrés de notre territoire ? », interpelle l’opposant. D’après lui, « la balkanisation du Congo, insidieusement orchestrée sous nos yeux, ne saurait être tolérée ».
Fayulu estime qu’au regard de la situation actuelle du pays, caractérisée par des « souffrances » et des « vies fauchées », chaque Congolais est appelé à « changer d’attitude » et « assumer sa part de responsabilité dans la lutte pour la sauvegarde de notre pays ». Il se porte à faux contre l’inaction, le désastre et la division interne des citoyens.
Dans son message, le leader de la coalition Lamuka appelle, Corneille Nangaa, chef de guerre et coordonnateur du groupe rebelle AFC/M23, « à déposer les armes, à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation, et surtout à reconnaitre le droit inaliénable à la vie de ses frères et sœurs ». Il demande aussi à l’ancien président de la République, Joseph Kabila, pointé du doigt pour « être derrière » la rébellion, de « se remémorer tout ce que le Congo lui a donné » et de s’engager en faveur de la paix.
Par ailleurs, le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2023 soutient la démarche menée par des religieux de la CENCO et de l’ECC, qu’il qualifie de « processus de Kinshasa ». D’après lui, cette « initiative congolo-congolaise (…) constitue une opportunité historique pour mettre fin à la guerre et reconstruire notre pays ». D’après la CENCO, cette démarche, visant l’élaboration d’un pacte social pour la paix, n’exclut pas de ramener au dialogue des acteurs impliqués dans les conflits dans l’est du pays.
Pendant ce temps, la situation sécuritaire reste inqualifiable dans la région du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où l’armée rwandaise, en appui au groupe armé M23/AFC de Corneille Nangaa, est accusée de perpétrer des violations graves contre les populations civiles. Des éléments coalisés RDF/M23/AFC sont notamment accusés d’avoir brûlé vives une vingtaine de personnes dans un bistrot près de Goma, au Nord-Kivu, la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février.
À Bukavu, par ailleurs, dans le Sud-Kivu, deux explosions se sont produites ce jeudi 27 février en plein meeting animé par les responsables de la rébellion, qui occupe la ville depuis le 14 février dernier. Au mois 12 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées, d’après des sources sur place.
Mongongo
