À seulement cinq kilomètres du chef-lieu du secteur de Bapere, le village de Ntoyo s’est réveillé dans le silence macabre d’un massacre. Dans la nuit du lundi 08 à ce mardi 9 septembre, les rebelles ADF ont signé une incursion d’une violence inouïe, laissant derrière plus de 71 corps sans vie, des maisons incendiées, des enfants enlevés, et des biens pillés.
Parmi les victimes, des femmes enceintes, des familles entières, et des cultivateurs pris au piège dans leurs propres champs, devenus le théâtre d’une terreur planifiée.
Au matin, les membres de la société civile ont découvert l’ampleur du carnage. « Ce n’est plus une attaque, c’est une extermination », déclare Célestin Baekwa Masimango, acteur de la société civile du secteur de Bapere, dans une interview directe accordée à MongongoNews. « L’ennemi est venu de la forêt, il a tué, brûlé, enlevé, puis est reparti vers Mbau, comme s’il n’avait jamais été inquiété ».
Face à cette tragédie, la société civile lance un appel pressant aux autorités sécuritaires : renforcer les effectifs, lancer une opération ciblée dans les zones forestières où les rebelles s’organisent, et rétablir la sécurité dans les villages environnants. Car au-delà des morts, c’est une population entière qui vit dans la peur, privée de ses terres, de ses récoltes, et de son droit fondamental à la vie.
« Nous demandons aux autorités de regarder cette situation en face. La population a trop souffert. Elle n’a plus accès à ses champs, et c’est là que l’ennemi se cache. Il faut agir, et vite », insiste Baekwa.
Ce massacre n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une série d’attaques qui endeuillent le territoire de Lubero, et toute la province du Nord-Kivu. Il est urgent que les voix locales soient entendues, que les témoignages soient relayés, et que les actions suivent les paroles.
Étienne Mosengo/Mongongo
