Camp de déplacés dans la province de l'Ituri (RDC). Droits : ©UNFPA
À moins de 48 heures de la tenue de la Conférence de Paris pour le soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée par la France, un acteur de la société civile de l’Ituri plaide pour que soit priorisée la crise humanitaire que traverse la province, une crise « passée sous silence » depuis près de huit ans.
Dans une déclaration rendue publique ce 28 octobre, Jean Bosco Kisoke dénonce les violences ininterrompues qui ravagent l’Ituri depuis 2017, s’étendant progressivement à la quasi-totalité des territoires de la province.
« Nous souhaitons que la situation humanitaire de la province de l’Ituri soit une priorité pour la RDC lors de ces assises d’une grande portée, car plusieurs constats démontrent que notre crise est souvent oubliée, peu médiatisée et semble n’intéresser ni la communauté nationale ni la communauté internationale », plaide ce notable et spécialiste des questions socio-humanitaires.
Foyer d’une violence persistante — souvent ethnique ou dirigée contre des populations vulnérables comme les déplacés —, l’Ituri connaît depuis plusieurs mois une recrudescence alarmante de l’insécurité, attribuée en grande partie aux miliciens de la CODECO ou encore aux terroristes de l’ADF. Parmi les épisodes récents les plus marquants figure l’attaque meurtrière contre des fidèles catholiques en pleine veillée de prière à Komanda, dans le territoire d’Irumu, en juillet dernier.
Jean Bosco Kisoke appelle les participants à la Conférence de Paris, qu’il qualifie d’« assises à haute portée humanitaire », à être « animés par le souci de la paix pour notre pays, la RDC, et pour la province de l’Ituri en particulier ».
La Conférence, qui s’ouvre ce 30 octobre, réunira près de 50 pays et organisations internationales pour aborder les questions sécuritaires et humanitaires dans les Grands Lacs, avec un accent particulier sur l’est de la RDC.
Selon des sources diplomatiques à Paris, l’événement mettra en avant le volet humanitaire, la crise congolaise étant classée parmi les plus négligées au monde, avec un taux de couverture de seulement 16 % des besoins humanitaires.
La rencontre traitera également du chapitre économique, notamment à travers la question de l’ « intégration économique régionale » inscrite dans l’Accord de Washington, signé le 27 juin entre les gouvernements de la RDC et du Rwanda.
Félix ISSA / Mongongo
