Camp de déplacés dans la province de l'Ituri (RDC). Droits : ©UNFPA
La province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, connaît une nouvelle escalade de violences qui a provoqué un déplacement massif de la population. Rien qu’en territoire de Djugu, plus de 82 800 personnes ont fui les attaques vers les zones de santé de Nizi, Lita, Bambu et Mangala entre mi-juillet et mi-août 2025, rapporte le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Selon une note publiée le 15 août, au moins 7 civils ont été tués et 13 autres blessés par divers groupes armés dans plusieurs villages de Djugu, y compris Iga Barrière, en seulement trois jours, entre le 11 et le 13 août. L’information est confirmée par la société civile locale.
Par ailleurs, les affrontements entre ces groupes armés et les Forces armées de la RDC (FARDC) ont causé 47 morts et 33 blessés depuis la mi-juillet dans les zones de santé de Nizi, Linga, Fataki et Lita. Des dizaines de civils auraient également été enlevés, selon le même rapport.
Dans le territoire voisin d’Irumu, les attaques menées par les rebelles de l’ADF/MTM ont fait 52 morts, dont 43 dans la seule localité de Komanda, entre le 26 et le 28 juillet. La société civile estime pour sa part que 127 personnes ont été tuées sur l’ensemble de la province entre le 27 juin et le 12 août.
« Ces incidents sont perçus comme des représailles suite au lancement, le 6 juillet, d’opérations militaires contre ce groupe dans le territoire voisin de Mambasa. L’axe Komanda-Luna est particulièrement touché », souligne l’OCHA, qui appelle à des mesures urgentes pour protéger les civils.
Accès difficile à l’aide humanitaire et aux services de base
Cette dégradation sécuritaire a occasionné des conséquences graves sur l’accès aux services sociaux de base. Plus de 256 000 personnes sont désormais privées d’assistance humanitaire.
Une dizaine de structures médicales ont cessé de fonctionner dans la zone de santé de Nizi, victimes de pillages, d’incendies ou de la fuite du personnel. En parallèle, de nombreux déplacés occupent écoles, églises et autres infrastructures publiques, paralysant leur fonctionnement.
L’OCHA signale également que « l’acheminement de l’aide humanitaire est fortement compromis », la Route Nationale 27 (RN27), axe logistique crucial desservant Nizi, Fataki, Bambu, Mangala et Rethy, étant paralysée par les combats.
Dans ce climat déjà tendu, le groupe armé Convention pour la révolution populaire (CRP), récemment créé par Thomas Lubanga, a engagé une offensive contre les FARDC dans la chefferie de Bahema Baguru. De violents affrontements y ont été signalés jusqu’à jeudi dernier, selon des sources locales.
Félix ISSA / Mongongo
