Des miliciens en Ituri. Photo : © Droits tiers
En République démocratique du Congo, les deux derniers mois ont été marqués par une recrudescence inquiétante d’attaques meurtrières visant majoritairement des civils dans la province de l’Ituri. Ces violences sont souvent attribuées à des groupes armés non étatiques actifs dans la région.
Selon Médecins sans frontières (MSF), cette flambée de violences a déjà causé plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés. L’ONG souligne que l’accès aux soins demeure extrêmement limité, alors que les structures sanitaires locales sont saturées.
« Depuis trois mois, les admissions ont quasiment doublé. Nous avons dû passer en mode urgence, installer des lits sous tente. Mais la réalité, c’est que la plupart des blessés n’arrivent jamais jusqu’ici », rapporte MSF, qui appelle à renforcer « de toute urgence » la protection des populations civiles.
Dans plusieurs localités comme Drodro, Nizi, Lopa, Fataki ou encore Komanda, le manque d’infrastructures sanitaires adéquates complique la prise en charge des blessés graves, contraints de parcourir de longues distances jusqu’à Bunia pour recevoir des soins.
« Ce qui se passe en Ituri est inacceptable. Les populations civiles sont quotidiennement victimes des atrocités commises par les groupes armés. MSF appelle tous les groupes armés, étatiques comme non étatiques, à épargner les civils. Leur protection face à ces atrocités est une urgence absolue », a déclaré Asiyat Magomedova, cheffe de programme de MSF dans la région.
Depuis le 27 juin 2025, près d’une centaine de personnes ont été tuées dans des attaques menées par divers groupes armés, dont la milice CODECO. Le massacre le plus sanglant reste celui du 27 juillet, où 43 civils ont été exécutés par les terroristes de l’ADF/MTM dans une paroisse de Komanda, territoire d’Irumu.
Cette nouvelle vague d’insécurité accentue l’urgence humanitaire dans une province déjà meurtrie par des conflits récurrents. Elle a aussi contraint plus de 82 800 personnes à fuir leurs foyers vers des zones jugées plus sûres, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), dans un rapport publié à la mi-août.
Félix ISSA / Mongongo

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