Evêques catholiques en pleine procession à l'ouverture de la messe de translation du corps du bienheureux Floribert Bwanachui Bin Kositi. Sanctuaire d'Adoration, Goma. © Etienne M.
Ce mardi 8 juillet 2025, la ville de Goma a accueilli la messe de translation du corps du bienheureux Floribert Bwanachui Bin Kositi, jeune martyr congolais de la lutte contre la corruption récemment reconnu par le Saint-Siège. Sa relique repose désormais dans l’enceinte du sanctuaire d’adoration de la cathédrale Saint-Joseph.
La célébration eucharistique a été présidée par Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, archevêque métropolitain de Lubumbashi, en présence de plusieurs évêques venus du Rwanda, de Rome, ainsi que de divers diocèses et archidiocèses de la République démocratique du Congo. Y ont également pris part les autorités politico-administratives du Nord-Kivu, les membres de la famille du bienheureux et de nombreux fidèles catholiques.
Dans son homélie, Mgr Muteba a salué la mémoire d’un jeune homme « intègre et courageux », dont le refus catégorique de la corruption lui a coûté la vie. « Floribert Bwanachui est le quatrième bienheureux de notre pays, et le deuxième dans notre province ecclésiastique. Âgé de 26 ans, il était fonctionnaire de l’État, agent à l’OCC », a-t-il rappelé.
Né le 13 juin 1981 à Goma, Floribert Bwanachui a été baptisé à la paroisse Saint-Esprit le 26 mai 1990, jour où il a également reçu sa première communion. Il a été confirmé l’année suivante, a témoigné l’évêque de Goma, Monseigneur Willy Ngumbi, qui a présenté la biographie.
Engagé très tôt dans la vie ecclésiale et sociale, il a rejoint la communauté Sant’Egidio en 2000, à l’occasion d’une recollection étudiante à Butare (Rwanda). Il s’était investi dans l’aide humanitaire auprès des déplacés de l’éruption volcanique de 2002, des enfants de la rue et des personnes âgées.
Après un stage professionnel à Kinshasa, il est affecté à Goma en avril 2007 en tant que commissaire aux avaries au sein de l’Office congolais de contrôle (OCC). C’est dans ce cadre qu’il est confronté à de fortes pressions et à des tentatives de corruption. Des individus cherchent à l’obliger à faire passer des produits avariés sur le marché. Entre mai et juillet 2007, il reçoit plusieurs menaces.
Le samedi 7 juillet 2007, alors qu’il sortait d’un magasin à Birere, il est enlevé en pleine journée. Recherché durant deux jours par ses proches, son corps sans vie est retrouvé le lundi 9 juillet aux abords de l’ULPGL. Il portait des traces de torture. Selon les résultats de l’autopsie, sa mort serait survenue dans la nuit du 8 au 9 juillet.
Son assassinat a profondément bouleversé tous ceux qui l’avaient côtoyé. Sa béatification est intervenue à l’issue d’une enquête menée par les évêques Faustin Ngabu et Théophile Kaboyi, concluant à sa mort en haine de la vertu.
Il convient de noter que les fidèles n’ont pas pu accéder au lieu où repose la relique du bienheureux. Selon la hiérarchie ecclésiastique, les visites seront organisées ultérieurement, paroisse par paroisse, afin d’éviter les débordements.
Etienne Mosengo / Mongongo
