Paul Kagame sur Jeune Afrique : "Nous refusons de lever nos mesures défensives". Capture d'écran 2/4/2026.
« Nous refusons de lever nos mesures défensives ». Voilà en tout cas ce qu’a déclaré Paul Kagame, lors d’une interview avec Jeune Afrique, diffusée ce 3 avril. Le président rwandais a réaffirmé le maintien des troupes de Kigali dans l’est de la République démocratique du Congo, invoquant la persistance d’une « menace » sécuritaire liée aux FDLR.
« Une menace se trouve devant moi, et vous me demandez de lever mes mesures de défense, sans pour autant la traiter », a-t-il déclaré, justifiant le refus de lever ce que Kigali qualifie de « mesures défensives ».
Cette position intervient alors que les Forces armées de la RDC ont annoncé, le 29 mars, le lancement d’opérations militaires contre les rebelles des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) dans la province du Nord-Kivu.
Le chef de l’État rwandais a par ailleurs dénoncé les sanctions imposées le 2 mars 2026 par le Trésor américain contre la Rwanda Defence Force (RDF) et plusieurs de ses hauts responsables.
Un engagement clé de l’accord de Washington
La levée des « mesures défensives » figure pourtant parmi les engagements pris par Kigali dans le cadre de l’accord de paix de Washington, conclu avec la RDC pour mettre fin à la crise dans l’est du pays.
Cet accord, entériné le 4 décembre 2025 par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous la supervision de Donald Trump, prévoit notamment le retrait des forces rwandaises de l’est congolais, en parallèle à la neutralisation des FDLR. Sa signature était intervenue dans un contexte de forte escalade sécuritaire, marqué par la prise de la ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu, par les rebelles du M23, soutenus par Kigali.
Dans son intervention, Paul Kagame a accusé les autorités congolaises de ne pas respecter leurs engagements. Il a évoqué en outre une supposée collaboration avec des acteurs liés à rwandais pour mobiliser en faveur des FDLR.
Les opérations contre les FDLR déjà lancées, selon Kinshasa
Côté congolais, les autorités assurent avoir engagé la mise en œuvre de leurs obligations sécuritaires. Le chef d’état-major général adjoint des FARDC chargé des opérations, le général-major Jacques Ychaligonza, a annoncé le déploiement de trois bataillons d’unités spéciales dans le cadre d’opérations de traque des combattants FDLR.
Ces opérations, lancées après une phase de sensibilisation, visent à neutraliser les éléments armés « réfractaires », tout en offrant une possibilité de reddition volontaire aux combattants disposés à être rapatriés au Rwanda.
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