L’ancien pont qui traverse la rivière Kasaï à Tshikapa, reliant les collines de Kanzala et Kele, est aujourd’hui un véritable danger pour ses utilisateurs. Construit il y a plusieurs décennies, il est désormais en état de délabrement avancé, et sa sécurité suscite de vives préoccupations. Les autorités, tant locales que nationales, restent largement indifférentes à l’urgence de la situation, laissant ainsi les riverains dans une insécurité grandissante.
Les passerelles piétonnes, utilisées quotidiennement par les habitants des deux rives du pont, sont en piteux état, avec de nombreux trous qui rendent la traversée périlleuse. Ces infrastructures, vitales pour les élèves et les femmes commerçantes, risquent à tout moment de provoquer des chutes dramatiques, voire des noyades. L’usage quotidien de ce passage, notamment tôt le matin, expose des centaines de personnes à un danger constant, sans aucune mesure préventive pour leur sécurité.
Malgré les alertes répétées émises par les associations locales et les acteurs de la société civile, l’État congolais reste absent de cette région. Les appels à l’aide sont restés sans réponse, laissant les populations se débrouiller face à cette menace grandissante. La situation est d’autant plus incompréhensible que les autorités provinciales, sous la direction du gouverneur Crispin Mukendi Wa Bukasa, semblent totalement déconnectées des réalités du terrain, malgré leur pleine fonction.
L’inaction des pouvoirs publics se traduit déjà par un lourd bilan : plus d’une dizaine d’accidents ont été recensés sur ce pont, dont plusieurs impliquant des élèves et des commerçantes, qui ont frôlé la mort. Certains ont été blessés gravement, et l’inquiétude grandit à mesure que le pont continue de se détériorer sans aucune perspective de réparation ou de remplacement.
Nestor Ilo
