Dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, une culture que l’on croyait reléguée au rang des souvenirs agricoles opère un retour remarqué. Le blé reprend progressivement racine dans plusieurs villages, porté par une initiative concertée qui redessine les perspectives agricoles locales et ravive l’espoir d’une autosuffisance alimentaire durable dans une région longtemps éprouvée.
À l’origine de cette dynamique, un consortium réunissant l’Institut Africain de Leadership Agricole (AALI), l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) et la Fondation Virunga. À travers un travail de terrain soutenu, notamment via l’engagement de jeunes encadrés et formés, ces acteurs ont accompagné les communautés rurales dans la relance d’une filière céréalière autrefois marginalisée, mais stratégique pour l’économie locale.
Des champs verdoyants s’étendent désormais à Luofu, Luotu, Kitsombiro, Kasugho, Magheria (Masereka) et dans le groupement de Musindi. Cette renaissance agricole est le fruit d’un encadrement technique rigoureux, de l’introduction de pratiques culturales améliorées et de l’adhésion progressive des petits producteurs, devenus les principaux artisans de cette relance. Le blé, jadis absent des priorités agricoles locales, retrouve ainsi une place centrale dans les systèmes de production.



La complémentarité des rôles au sein du consortium apparaît comme l’un des piliers du succès observé. L’IITA met à contribution son expertise scientifique, notamment en matière de recherche agronomique et d’amélioration variétale. La Fondation Virunga, pour sa part, veille à l’ancrage communautaire du projet et à la résilience des ménages ruraux. AALI assure la coordination, la mobilisation des producteurs et l’émergence d’un leadership agricole local, essentiel à la pérennité des acquis.
Alors que les cycles culturaux évoluent favorablement, les regards sont désormais tournés vers la phase de post-récolte attendue entre janvier et février 2026. Cette étape déterminante devrait consacrer la maturité des champs, mais aussi ouvrir la voie aux perspectives de transformation, de commercialisation et d’une possible extension du modèle vers d’autres zones agro-écologiques de la province.

Au-delà des chiffres de production espérés, la relance du blé à Lubero revêt une portée symbolique forte. Elle illustre la capacité des communautés locales à se réapproprier leur potentiel agricole, à créer des opportunités économiques pour les jeunes et à renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et sociaux.
Cette expérience démontre qu’avec une vision structurée, des partenariats solides et un leadership de proximité, l’agriculture peut redevenir un levier crédible de développement et de stabilité. À Lubero, le blé ne pousse plus seulement dans les champs : il s’enracine désormais dans les perspectives d’avenir des populations locales.
Mongongo News (avec Aaron Basimarha)
