Le village de Ntoyo, dans le secteur de Bapere en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, a été la cible d’une attaque sanglante dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre. Selon des sources locales, au moins 60 civils ont été brutalement tués par des assaillants, identifiés comme des éléments du groupe armé ADF/ISCAP.
Les récits des rescapés sont insoutenables. Des familles entières décimées, des maisons incendiées, des enfants égorgés. « On ne peut même plus compter les morts. C’est comme si on avait livré nos vies au néant », confie un habitant sous le choc.
Comme à chaque fois, les Forces armées congolaises (FARDC) sont arrivées trop tard. Une fois encore, les tueurs ont eu le temps d’opérer, de massacrer, de disparaître dans les forêts de Manguredjipa. La zone minière toute proche, reste elle aussi vulnérable, souvent laissée sans protection réelle.
Malgré l’opération militaire conjointe Shujaa, menée avec l’Ouganda depuis 2021, les résultats sur le terrain sont très loin des promesses. Les ADF continuent de frapper là où ils veulent, quand ils veulent, ciblant les civils sans défense. Le sentiment d’abandon s’enracine profondément dans l’Est de la RDC.
Pendant ce temps, à Kinshasa, aucun communiqué officiel du gouvernement central n’a été publié au moment de rédiger cet article. Pas une visite, pas une déclaration, rien. Le contraste entre la tragédie de Ntoyo et le silence assourdissant de l’élite politique nationale devient insupportable.
Combien de Ntoyo faudra-t-il encore ? Combien de sang versé avant que l’on regarde enfin l’Est non comme un fardeau mais comme une partie du pays digne de vie, de paix, et de justice ?
Pendant ce temps, les familles pleurent. Et les fosses communes s’agrandissent.
Draxler de Vigny
