Un soldat du M23 se tient près des mines de coltan de Rubaya, au Nord-Kivu, le 5 mars 2025. (Image d'illustration) AFP - CAMILLE LAFFONT
Dans l’est de la République démocratique du Congo, les activités d’exploitation minière illégale et la contrebande généreraient au moins un million de dollars américains chaque mois au profit de l’AFC/M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda et qui contrôle de vastes territoires dans la région depuis près de quatre ans. Selon les Nations unies, qui avancent cette estimation, cette économie illicite contribue à alimenter la violence dans un contexte international marqué par une course effrénée aux minerais stratégiques et critiques.
Intervenant lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à l’énergie, aux minéraux critiques et à la sécurité, la secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Rosemary DiCarlo, a dénoncé les « violations des droits humains et la dégradation de l’environnement » liées à l’exploitation de ces ressources essentielles à la transition énergétique, en particulier dans la région des Grands Lacs.
Selon la responsable onusienne, la prise de contrôle de gisements miniers par des groupes armés dans les zones de conflit constitue un puissant moteur d’instabilité et de violences, tout en étant susceptible « d’influencer les dynamiques politiques régionales ».
Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, la mission de l’ONU en RDC, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), « travaille avec les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux pour réduire l’influence des groupes armés sur les zones minières et perturber les chaînes d’approvisionnement illicites en minerais ».
Cette coopération, soutenue par l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, vise notamment à lutter contre l’extraction illégale, améliorer la traçabilité des minerais, renforcer les mécanismes de conformité et promouvoir une gouvernance concertée des ressources naturelles.
Plusieurs rapports internationaux, notamment ceux du groupe d’experts des Nations unies, accusent par ailleurs l’AFC/M23 d’exploiter illégalement les ressources minières congolaises et d’organiser leur exportation vers des pays voisins, le Rwanda étant régulièrement cité dans ces accusations.
Ces révélations interviennent alors qu’un drame récent a bouleversé la zone minière de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Le 3 mars dernier, un glissement de terrain survenu à la mine de Gasasa mine a fait plus de 200 morts, essentiellement des creuseurs artisanaux, dont plus de 70 enfants. Cette localité, contrôlée par la rébellion, abriterait près de 70 % des réserves nationales de coltan et constitue un maillon important dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de ce minerai stratégique.
Les autorités congolaises ont imputé cette catastrophe aux « conditions d’exploitation précaires imposées aux populations civiles » dans les sites miniers artisanaux « hors du contrôle du gouvernement ».
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