Les gouvernements de la République démocratique du Congo et de la République du Congo s’apprêtent à signer un accord bilatéral portant sur le régime fiscal et douanier applicable à la gestion du futur pont route-rail Kinshasa-Brazzaville, une infrastructure stratégique destinée à relier les deux capitales les plus rapprochées au monde. L’accord a été validé par les experts des deux pays à l’issue de quatre jours de travaux techniques, clôturés jeudi 5 février.
Selon l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), point focal du projet côté congolais, la cérémonie de signature devrait intervenir le 12 février prochain et impliquer les ministres des Finances des deux États. Une étape décisive vers la relance concrète de ce chantier d’envergure régionale.
« Nous avons aujourd’hui un régime fiscal et douanier harmonisé, mais également un accord bilatéral qui vient consacrer ce régime pour nous permettre de relancer, dans les prochains jours, la demande de proposition en ce qui concerne le projet pont route-rail sur le fleuve Congo », s’est réjouie Caddy Elisabeth Ndala, cheffe de la délégation de Brazzaville.

De son côté, le directeur général de l’ACGT, l’ingénieur Nico Nzau Nzau, a salué la forte mobilisation des parties prenantes. « C’est la première fois que je constate une mobilisation aussi coordonnée de plusieurs structures travaillant ensemble pour produire un résultat que nous pouvons aujourd’hui présenter aux deux chefs d’Etat », a-t-il déclaré.
Le pont route-rail Kinshasa-Brazzaville, 1,575 kilomètre, figure parmi les infrastructures prioritaires du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa. Longtemps resté en suspens, ce projet vise à renforcer l’intégration économique entre les deux capitales, tout en facilitant les échanges commerciaux et la mobilité des personnes et des biens.
À l’échelle régionale, l’ouvrage ambitionne également de relever les défis d’intégration en Afrique centrale, un objectif déjà souligné par les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) lors du sommet de Brazzaville en 2004. Un premier protocole d’accord avait été signé en 2009, mais sa mise en œuvre a longtemps buté sur des questions non résolues, notamment les dispositifs fiscaux et douaniers.
Les études techniques ont évalué le coût du projet à environ 700 millions de dollars américains. « Mais il faut savoir qu’il s’agit d’une première étape, car le projet est appelé à évoluer », avait précisé, début 2025, Alexis Gisaro, alors ministre des Infrastructures et Travaux publics de la RDC.
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