Train angolais sur la voie ferrée du Corridor de Lobito. Photo-archives 2023. © Présidence RDC
Le corridor de Lobito s’impose progressivement comme une nouvelle artère majeure pour l’exportation des minerais d’Afrique centrale vers l’Atlantique. Pensé pour désenclaver les bassins miniers de la République démocratique du Congo et de la Zambie, cet axe logistique reliant le sud congolais au port angolais de Lobito entre désormais dans une phase concrète, marquée par les premiers flux commerciaux et le lancement des travaux côté congolais.
Quelques jours après la réunion de haut niveau tenue à Luanda, le 5 février dernier, une première cargaison de cuivre et de coltan en provenance de la RDC a entamé son acheminement par cette nouvelle route d’exportation. L’information a été rendue publique par le négociant international Trafigura, membre du consortium chargé de l’exploitation du corridor, illustrant la mise en service progressive de cette infrastructure longue d’environ 1 800 kilomètres.
À ce stade, la logistique repose encore sur une solution transitoire. Les minerais extraits dans la région de Kolwezi sont convoyés par voie routière jusqu’à la frontière angolaise, où ils sont ensuite transférés sur le réseau ferroviaire existant. Une configuration provisoire qui renforce l’urgence de la réhabilitation du tronçon ferroviaire traversant le territoire congolais, indispensable pour assurer la fluidité et la compétitivité du corridor.
Sur ce point, les autorités congolaises se veulent rassurantes. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, affirme que les travaux ont déjà été engagés. Présent à Luanda la semaine précédente, il explique que les discussions ont permis de lever un obstacle majeur lié à la gouvernance financière du projet. Selon lui, les partenaires ont été rassurés par la décision de ne pas intégrer la Société nationale des chemins de fer du Congo dans le dispositif financier chargé de piloter la construction, compte tenu de ses difficultés structurelles et de ses passifs accumulés.
Au-delà de l’enjeu national, le corridor de Lobito s’inscrit dans des équilibres géopolitiques plus larges. Il constitue un maillon clé dans les stratégies américaine et européenne visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, tout en offrant à la région une alternative crédible aux corridors routiers saturés et coûteux.
Lors du sommet de Luanda, la RDC a par ailleurs obtenu l’adhésion de ses partenaires à l’intégration d’un tronçon ferroviaire supplémentaire reliant Sakania, Tenke et Kolwezi, afin d’assurer une continuité optimale avec l’axe Kolwezi–Dilolo. Pour Julien Paluku, cette extension est déterminante pour amplifier les retombées économiques du corridor sur le territoire national. Le segment concerné, long de plus de 500 kilomètres, a d’ores et déjà été retenu pour un financement additionnel, ouvrant la voie à une nouvelle étape dans la matérialisation de ce projet structurant.
