Le ministère public a requis, vendredi 22 août, la peine de mort contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Poursuivi pour trahison, crimes de guerre, organisation d’un mouvement insurrectionnel et complot, il risque également la mise sous séquestre de l’ensemble de ses biens.
Les parties civiles, qui avaient déjà réclamé 24 milliards USD de dommages et intérêts à l’État congolais, contestent le réquisitoire et maintiennent leurs plaidoiries. Elles demandent notamment la requalification des infractions en espionnage, ainsi que la déchéance de la nationalité congolaise de Joseph Kabila.
En réaction, Bernabé Milinganyo Wimana, président du Rassemblement des Leaders Congolais pour le Changement (RLCC), a dénoncé une dérive inquiétante de la justice militaire :
« Je condamne fermement cette décision contre l’ancien président Joseph Kabila. Aller jusqu’à requérir la peine de mort, sans circonstances atténuantes, ce n’est pas seulement lourd, c’est un signal qui peut fragiliser davantage notre pays. On ne construit pas la paix avec des condamnations spectaculaires. Cela risque de nous entraîner dans une spirale dangereuse, faite de divisions et de tensions. Une justice crédible doit rester indépendante, respectueuse des droits humains et tournée vers l’avenir du Congo, pas servir de ‘Gabangue’ pour régler des comptes politiques. »
La Haute Cour militaire devrait rendre son verdict d’ici le 1er septembre. Jugé par contumace, ce procès retient l’attention tant au niveau national qu’international. Les proches et parties du sénateur à vie dénoncent une persécution politique et mise en scène visant à écarter un acteur influent de la scène politique.
Étienne Mosengo / Mongongo
