Des personnes fuient une attaque du groupe rebelle M23 à Bambo, au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 26 octobre 2023. © 2023 Alexis Huguet/AFP via Getty Images
Ce 1er octobre 2025 marque le 15ᵉ anniversaire de la publication du « rapport Mapping », document du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme répertoriant les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003.
Dans une déclaration faite à l’occasion, le docteur Denis Mukwege a pressé l’ONU à rendre publique sa base de données confidentielle, qui recense les responsables politiques et militaires présumés de ces crimes internationaux. « Ils doivent enfin répondre de leurs actes devant la justice, nationale ou internationale », a-t-il plaidé.
Le Prix Nobel de la Paix a mis en garde contre les erreurs du passé, notamment les amnisties, promotions ou intégrations dans les forces de sécurité accordées à des auteurs présumés d’atrocités. « [Nous ne pouvons] plus accepter que les responsables des crimes les plus graves soient récompensés », a-t-il insisté.
En outre, Mukwege a dénoncé l’échec des options militaires et sécuritaires en RDC, soulignant la persistance des « agressions récidivistes » et la répétition des massacres, illustrées par la recrudescence du M23, « dirigé et contrôlé par l’armée rwandaise », malgré la présence de la Monusco depuis plus de 25 ans.
Le gynécologue de Panzi a réitéré son appel à la création d’un tribunal pénal spécial pour la RDC, tout en exhortant la Cour pénale internationale à intensifier ses enquêtes. Il a aussi encouragé les États, en particulier européens, à recourir au « principe de compétence universelle », citant l’exemple de la procédure ouverte en France contre Roger Lumbala.
« Il faut non seulement dire le droit et rendre la justice mais aussi établir la vérité, réparer les torts faits aux victimes et aux communautés affectées et assurer le non-renouvellement des atrocités par des réformes profondes des institutions, notamment du secteur de la sécurité », a-t-il conclu.
Publié en 2010 malgré de fortes pressions du Rwanda, le rapport Mapping répertorie 617 incidents de violences commises entre 1993 et 2003, en majorité dans l’est du pays. Quinze ans plus tard, de nombreux acteurs nationaux et internationaux déplorent que les auteurs présumés demeurent impunis.
Mongongo
