Le déficit de financements frappe de plein fouet le Plan de réponse humanitaire (PRH) en République démocratique du Congo, classée parmi les pays « les plus durement touchés par les coupes budgétaires dans l’aide humanitaire », dans un contexte marqué par l’intensification des violences dans l’Est du pays et la multiplication de chocs humanitaires, notamment les déplacements massifs de populations, les épidémies, les inondations et une insécurité alimentaire aiguë.
Selon le Bureau de la coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA), le budget humanitaire a connu une baisse drastique entre 2024 et 2026, fragilisant les opérations à un rythme accéléré. Les financements américains auraient subi la réduction la plus importante, affectant directement les interventions dans plusieurs secteurs clés, dont la santé, la nutrition et la sécurité alimentaire.
Budgétisé à 2,58 milliards de dollars américains (USD) et financé à hauteur de 1,386 milliard, soit 53,7 %, en 2024, le Plan de réponse humanitaire en RDC a revu son enveloppe à la baisse à 2,54 milliards USD en 2025, afin d’assister environ 11 millions de personnes parmi les plus vulnérables. Toutefois, au 8 janvier 2026, seuls 605,5 millions USD, soit environ 24 % des besoins estimés, avaient été mobilisés, enregistrant ainsi une chute de 56 %.
« Il s’agit du plus faible taux de financement observé depuis 2016 pour le PRH de la RDC, dans un contexte où les besoins demeurent extrêmement élevés — près de 22 millions de personnes étaient dans le besoin en 2025 », déplore OCHA.
Une faiblesse notable a également été constatée dans la réponse humanitaire avant la fin de l’année 2025. « Au 31 octobre, les partenaires humanitaires avaient atteint 7,9 millions de personnes sur les 11 millions ciblées, mais n’ont effectivement couvert les besoins essentiels que de 2,4 millions de personnes », précise l’agence onusienne dans une note d’analyse datée du 15 janvier, consultée par Mongongo News.
Selon cette même note, malgré les coupes budgétaires, les États-Unis demeurent le premier bailleur de l’aide humanitaire en RDC. Entre 2024 et 2025, le volume de leur contribution est toutefois passé de 920 millions à 141 millions USD, soit une baisse vertigineuse de 85 %. D’autres grands donateurs ont également réduit leurs apports, notamment le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique et la Suède. À l’inverse, certains partenaires, dont la Commission européenne (ECHO), le Canada, le CERF et la Suisse, ont légèrement augmenté ou maintenu leurs contributions.
« Mais ces efforts restent très en deçà des montants nécessaires pour compenser le retrait des principaux donateurs. Le résultat est un effet de ciseaux très marqué : une diminution des capacités opérationnelles alors même que les besoins explosent dans l’Est du pays », souligne OCHA.
Cette situation a contraint la RDC à réajuster ses interventions, en les recentrant sur les besoins les plus vitaux, notamment la santé d’urgence, la sécurité alimentaire, la nutrition, l’eau, la protection et les abris. Dans le cadre de cette démarche, baptisée « Humanitarian Reset », l’enveloppe globale est ramenée de 2,5 milliards à un socle d’environ 1,4 milliard USD.
Mongongo News
