C’est une lueur d’espoir qui pointe à l’horizon dans l’est de Kinshasa, en République démocratique du Congo, après l’annonce de la fin du phénomène — et de la milice — Mobondo ainsi que du conflit opposant les communautés Teke et Yaka. Du moins, une fin espérée. Pour la première fois depuis le déclenchement des violences, le gouvernement a dépêché une mission sur place et obtenu la reddition de miliciens ainsi que l’assurance d’un arrêt des hostilités.
En visite le 7 février dernier dans le village de Mulosi, dans la province du Kwango, le vice-ministre de la Défense en charge des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a officié la cérémonie de reddition et de dépôt d’armes et de munitions des membres de la milice Mobondo. Ce groupe armé, actif dans la région depuis environ quatre ans, est accusé de nombreuses exactions, principalement contre des civils.
Le vice-ministre a réceptionné un important lot d’équipements militaires, comprenant notamment des fusils AK-47, des caisses de munitions, des lance-roquettes ainsi que d’autres armes dites non conventionnelles. Il a ensuite annoncé à la population locale le déploiement prochain d’unités de la Police nationale congolaise en remplacement des Forces armées de la RDC, « dès que la paix sera définitive ».
Le gouvernement affirme également avoir obtenu l’adhésion des autorités locales et des communautés concernées, lesquelles se sont engagées à coopérer pour favoriser un retour durable à la paix et à la sécurité. « Le conflit entre Teke et Yaka appartient désormais au passé. Nous voulons la paix », ont-elles déclaré.
Selon des sources locales, les miliciens ayant déposé les armes auront le choix entre intégrer les Forces armées de la RDC ou retourner à la vie civile. Plus de 500 ex-combattants Mobondo seraient déjà cantonnés en périphérie de Kinshasa, en attente de leur prise en charge et d’une éventuelle formation.
Avec à son actif plus de 5000 morts et 280 000 déplacés, le phénomène Mobondo avait émergé depuis 2022 à Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe, sur fond de conflit coutumier entre les Teke et les Yaka. D’après Thomas Makambu, surnommé « Faux Yaya » et présenté comme l’initiateur de la milice Yaka, le différend portait principalement sur une redevance coutumière avant de prendre de ramifications radicales.
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