ILLUSTRATION / Le commissaire divisionnaire J. Romuald Ekuka Lipopo, ancien vice-gouverneur du Nord-Kivu. Photo : © tiers
Dix mois après la prise de Goma par les rebelles de l’AFC/M23, la Haute Cour militaire a rendu son verdict. Les officiers qui avaient abandonné la ville au moment critique ont été condamnés, envoyant un signal fort quant à la responsabilité des autorités en temps de guerre.
Le commissaire divisionnaire Jean Romuald Ekuka Lipopo, alors vice-gouverneur du Nord-Kivu et intérimaire du gouverneur tombé au front, avait quitté Goma précipitamment malgré ses déclarations martiales : « Si le M23 essaie de prendre Goma, ça sera son cimetière ».
La justice militaire l’a reconnu coupable de lâcheté et l’a condamné à 36 mois de prison. À ses côtés, le commissaire divisionnaire adjoint Eddy Mukuna, ancien commissaire provincial de la police au Nord-Kivu, a été condamné à 24 mois de prison. Tous deux figuraient parmi les responsables militaires qui avaient quitté la ville lors de l’entrée du M23 en janvier.
Ces verdicts rappellent que l’abandon de poste en période de crise n’est pas seulement une faute morale, mais un crime militaire. Par ces décisions, la justice entend réaffirmer que la défense de la nation ne souffre d’aucune défaillance et qu’aucune responsabilité publique ne peut s’y soustraire.
Etienne Mosengo
