Illustration : processus de capture biométrique en vue de l'obtention de la carte nationale d'identité. RDC. Photo-Archives : © tiers.
Convoqué mercredi 12 novembre au Sénat pour répondre à une question orale avec débat initiée depuis mai 2025, le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a annoncé la relance du processus de production de la carte nationale d’identité dès mai 2026.
La question, portée par le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, portait notamment sur le recensement général de la population, la délivrance de la carte d’identité nationale et la carte biométrique des policiers, dans un contexte où le dernier recensement national remonte à plus de 40 ans.
« La carte d’électeur utilisée aujourd’hui n’est pas une carte d’identité. Elle n’a servi qu’à identifier les électeurs pour les scrutins de décembre 2023. Aujourd’hui, cette carte n’a plus aucune valeur administrative », a rappelé le sénateur.

Photo : © Celcom Rapporteure/Sénat RDC.
Jean Bamanisa a ainsi demandé au ministre de l’Intérieur des éclaircissements sur 17 points, parmi lesquels : la politique gouvernementale actuelle en matière d’identification, les causes du retard accumulé depuis 1984, le rôle réservé à l’ONIP (Office national d’identification de la population) et le coût global du projet.
Reprise du processus après la rupture d’un ancien contrat
En réponse, Jacquemain Shabani a confirmé que le processus avait connu des interruptions liées à l’annulation d’un ancien contrat avec une société de production.
« D’ici le début de l’année 2026, avec le budget adéquat qui sera alloué à l’Office national d’identification de la population, les opérations d’identification de la population et la constitution du fichier général de la population vont très bientôt débuter. Une feuille de route est déjà apprêtée pour une mise en œuvre efficace et coordonnée de toutes ces opérations », a déclaré le ministre.

Photo : © Celcom/ Min. Intérieur.
Le déploiement se fera progressivement, province par province, en commençant par Kinshasa comme zone pilote. Selon le ministre, l’opération globale nécessite des moyens financiers importants et un personnel formé à cette fin.
Identification par “stratification” et délivrance progressive
Le fichier général d’identification sera constitué à partir des bases de données existantes, qui seront transmises à l’ONIP : celles de la CENI, forces armées et de la police, des élèves, des réfugiés, des Congolais de la diaspora, des étrangers résidant en RDC, des prisonniers et des conducteurs.
« La production et la délivrance interviendront à coup sûr l’année prochaine, et se poursuivront progressivement strate après strate, et province après province », a précisé Jacquemain Shabani, assurant que “l’ONIP est à pied d’œuvre.”
Un processus déjà amorcé, puis interrompu en 2023
L’opération de production de la carte nationale d’identité avait été lancée en 2023 sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur de l’époque, Peter Kazadi. À partir du 30 juin 2023, les premières cartes symboliques avaient été délivrées à environ 700 personnes, dont le président Félix Tshisekedi.
Le projet avait ensuite été suspendu après la rupture du partenariat public-privé liant le gouvernement à une société de production. Un appel d’offres a depuis été lancé pour identifier de nouveaux partenaires fiables, a précisé Jacquemain Shabani, ajoutant que les dossiers sont actuellement à l’étude à la Direction générale des marchés publics.
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