Filles enceintes dans une salle des cours. © Droits tiers
Quelques jours après la décision du gouvernement congolais d’interdire l’exclusion des jeunes filles enceintes des établissements scolaires, les réactions se multiplient au sein de la classe politique, des organisations citoyennes et des acteurs engagés pour la justice sociale.
La plus récente est celle de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), qui, dans un communiqué largement relayé sur les réseaux sociaux ce jeudi 18 juillet 2025 — bien que non signé —, salue cette mesure qu’elle qualifie de salutaire, tout en appelant à la mise en place de mécanismes concrets pour en assurer l’efficacité sur le terrain.
« Face aux multiples défis sociaux et culturels qui marginalisent injustement les jeunes filles en situation de grossesse, leur maintien à l’école constitue une avancée fondamentale. C’est un moyen de briser le spectre de la discrimination, de l’exclusion sociale et de la fragilité dans lesquelles se trouvent nombre de jeunes filles victimes de grossesses précoces ou non désirées », peut-on lire dans le document parvenu à Mongongo News.
L’ACAJ considère cette mesure comme un acte courageux et progressiste. Elle estime qu’elle marque un tournant décisif dans le combat pour l’égalité des chances et la préservation de la dignité de toutes les élèves, quelle que soit leur situation personnelle. Elle souligne également que cette décision s’inscrit dans le cadre de plusieurs textes normatifs en vigueur, notamment la Constitution congolaise qui garantit l’accès à l’éducation pour tous, la loi portant protection de l’enfant qui proscrit toute forme de discrimination à l’école, ainsi que les engagements internationaux de la RDC comme la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.
Tout en saluant le principe, l’ACAJ insiste sur l’urgence d’accompagner cette décision de mesures claires et concrètes. Elle évoque la nécessité de diffuser des instructions précises à l’attention des établissements scolaires, de mener des campagnes de sensibilisation auprès des personnels éducatifs, et d’assurer un soutien psychosocial et juridique aux élèves concernées. L’organisation insiste aussi sur l’importance d’instaurer des mécanismes de contrôle afin de prévenir toute forme de stigmatisation ou d’exclusion déguisée.
« L’éducation de la jeune fille, même enceinte, demeure un droit inaliénable et un impératif de justice sociale qu’il convient de préserver, quel qu’en soit le prix », conclut le communiqué.
Etienne MOSENGO
