Centre de santé CCLK - Ouest de Goma, au Nord-Kivu. Droits photo : Jonas Y./UNFPA
En République démocratique du Congo, des milliers de victimes de violences sexuelles se retrouvent sans accès aux soins, alors que les cas de viol sont en forte augmentation dans un contexte de conflit persistant, particulièrement dans l’est du pays. Une situation aggravée par la suppression d’importants financements américains, déplore une agence des Nations Unies.
Kinshasa, 18 juillet 2025. Dans un rapport couvrant le mois de mai, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) alerte sur une réduction de plus de la moitié des ressources financières allouées à la lutte contre les violences sexuelles en RDC. Selon l’organisme onusien, au moins 37 % des fonds destinés à la protection, et 50 % de ceux consacrés à la santé sexuelle et reproductive, ont été coupés à la suite de mesures budgétaires prises par les États-Unis.
« Plus de la moitié des points de prestation de services de lutte contre les violences sexistes qui fonctionnaient l’année dernière ne sont plus opérationnels », peut-on lire dans une note d’information de l’ONU. Le document précise que, dans les zones de première ligne, « entre 90 et 100 % » des centres de soutien aux survivantes ont fermé ou suspendu leurs activités.
Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), le bureau de l’UNFPA en RDC a confirmé que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a drastiquement réduit son appui financier dans un contexte marqué par l’escalade du conflit armé. « Ce qui a contribué à la rupture des stocks des kits post-viol pour traiter les survivantes », alerte l’agence.
Au Nord-Kivu, seulement 7 zones de santé sur les 34 que compte la province disposent encore d’un accès à un kit minimal post-viol, indique l’UNFPA.
« Moins d’une survivante sur quatre voit ses besoins satisfaits. À l’heure actuelle, seuls 13 % des survivants référés ont reçu une prophylaxie post-exposition dans le délai critique de 72 heures, ce qui les expose au risque de contracter le VIH », ajoute-t-elle.
Le Fonds onusien s’inquiète des conséquences en cascade d’une telle réduction des financements. Outre la régression des activités humanitaires, l’agence met en garde contre des risques accrus de décès chez les survivantes, de propagation du VIH, de grossesses non désirées, mais aussi d’un bond inquiétant de la mortalité maternelle.
Pour faire face à cette situation d’urgence, l’UNFPA avait lancé un appel de fonds à hauteur de 42 millions de dollars américains. À ce jour, seuls 11,6 millions ont été mobilisés, affirme-t-elle.
Mongongo
