La République démocratique du Congo accuse la société de téléphonie MTN, opérant au Rwanda, d’étendre ses activités sur son territoire en utilisant illégalement des fréquences congolaises. Cette « intrusion numérique » présumée a été au centre d’une séance de travail organisée mardi 10 février par la Première ministre Judith Suminwa, réunissant des membres du gouvernement, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que les sociétés de télécommunication accréditées dans le pays.
Le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication, José Mpanda, a indiqué que le gouvernement envisageait de prendre les mesures nécessaires pour faire face à « toute atteinte à la souveraineté numérique » de la RDC.
Il a notamment instruit l’ARPTC de « prendre immédiatement en charge le dossier sur le plan technique ». Par ailleurs, l’exécutif a décidé de saisir les instances internationales compétentes afin de faire valoir son droit à la protection de son espace numérique.
Dans un communiqué rendu public ce 11 février, le régulateur des télécommunications en RDC (ARPTC) estime que « cette exploitation irrégulière constitue une violation des dispositions légales et réglementaires en vigueur, et explose l’entreprise concernée à des poursuites ».
Depuis janvier 2026, les réseaux de téléphonie en RDC, notamment ceux de Vodacom, Airtel et Orange, ont connu des perturbations de service liées à un incident affectant des infrastructures sous-marines de connectivité. Cette situation aurait favorisé l’implantation de MTN Rwanda dans le territoire de Rutshuru, une zone actuellement sous le contrôle du groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda.
Selon des sources locales, l’opérateur aurait installé des équipements à Rutshuru-Centre et à Kiwanja, notamment des répéteurs de réseau, tout en intensifiant la commercialisation de cartes SIM et d’autres services. À ce stade, aucune réaction officielle de la société mise en cause n’a été enregistrée.
