D’après un communiqué de presse publié mardi 25 mars 2025, la mairie de Paris demande à faire interdire, sous la pression du Rwanda, le concert « Solidarité Congo », qui était prévu le 7 avril à l’Accor Arena, à Paris, en France. Cet événement inédit est organisé en faveur des enfants victimes de l’agression rwandaise dans l’est de la RDC, avec en tête d’affiche des artistes congolais et internationaux comme Gims, Youssoupha, Fally Ipupa et Dadju.
Selon Anne Hidalgo, « la date du 7 avril, journée nationale de commémoration du génocide des Tutsi, est particulièrement mal choisie ». La maire de Paris indique avoir saisi, le 10 mars dernier, le Préfet de police de Paris, « afin de demander l’interdiction du concert à cette date, au motif des troubles à l’ordre public ». Requête qui a fait suite à une alerte de l’ambassadeur rwandais accrédité à Paris.
Le concert « Solidarité Congo » est au cœur d’une vaste polémique depuis quelques jours. Esprits surchauffés, les autorités rwandaises se sont opposées bec et ongle à la tenue de cet événement culturel, justifiant que la date choisie marque le début des commémorations du génocide rwandais qui avait fait près d’un million de victimes, parmi lesquelles des Tutsis, des Hutus et des Twa.
Dans leur communiqué publié le 23 mars, les organisateurs de « Solidarité Congo » ont pourtant expliqué que le concert n’était pas organisé à des fins politiques, mais humanitaires, ajoutant que « cette date choisie malencontreusement en fonction de la disponibilité des artistes et de la salle fut l’objet d’un débat malheureux ».
Le tollé recouvre le concert de solidarité et soutien envers les victimes du conflit dans l’est du Congo dans un contexte de tension entre la RDC et le Rwanda. Le « petit pays » est indexé, d’après plusieurs rapports internationaux, pour soutenir le M23, un groupe armé réputé pour des violations graves perpétrées dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
En tout état de cause, le combat acharné de Kigali contre la tenue du concert pose des questions : la date du 7 avril, marquant le début des commémorations du Kwibuka, n’est-elle pas une ‘‘journée nationale rwandaise’’ ? Et si le génocide rwandais de 94 avait été perpétré au Rwanda, par des rwandais et contre des rwandais, faisant des victimes dans toutes les ethnies du pays, dont des Hutu, des Twa et majoritairement des Tutsis, pourquoi sa commémoration devrait-elle être à la base de l’annulation d’un événement culturel et caritatif organisé en France ?
En attendant, la décision finale de la Préfecture de police parisienne est attendue pour fixer les esprits !
Mongongo
