Alors que le franc congolais poursuit son appréciation sur le marché des changes, la Banque centrale du Congo (BCC) sort de son silence et tape du poing sur la table.
Dans un avis public signé ce lundi 13 octobre par le Premier Vice-gouverneur Dieudonné Fikiri Alimasi, l’institution dénonce les dérives spéculatives de certains cambistes manuels et bureaux de change, et annonce des contrôles renforcés.
« Face aux mauvaises pratiques de certains bureaux de change et cambistes manuels, personnes physiques enregistrées sur le marché des changes à la suite de l’appréciation continue du franc congolais, la BCC informe le public qu’elle veille au bon fonctionnement et à la transparence du marché des changes », a laissé entendre le Premier Vice-gouverneur.
Ce rappel à l’ordre intervient dans un climat de tension où les taux affichés sur la voie publique s’éloignent dangereusement des références officielles. La BCC dénonce notamment :
– des spreads élargis entre les cours acheteurs et vendeurs,
– des taux spéculatifs et irréalistes, déconnectés des taux indicatifs de la BCC et du marché interbancaire,
– une violation manifeste de l’instruction administrative n°007 modifiée en 2023. « La BCC appelle la corporation des cambistes manuels à respecter scrupuleusement ladite instruction et à s’abstenir de toute mauvaise manipulation ou spéculation du taux de change qui perturbe le fonctionnement normal du marché des changes ».
La Banque centrale ne se contente plus de sensibiliser. Après une campagne de vulgarisation en mai 2024, elle annonce le déploiement de ses services compétents pour effectuer des contrôles sur place. Les sanctions pourront aller jusqu’au retrait pur et simple de l’agrément.
Dans un appel à la responsabilité collective, la BCC invite les citoyens à se tourner exclusivement vers les banques commerciales et bureaux de change agréés, dont la liste est disponible sur www.bcc.cd.
Etienne Mosengo
