Dans une déclaration poignante et censure de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies, Zeno Mukongo Ngay a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, en particulier à l’Est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant lors de la réunion du Conseil de sécurité présidée ce mois-ci par la Fédération de Russie, l’ambassadeur a salué les efforts diplomatiques en cours, tout en dénonçant les violations persistantes des engagements de paix.
Dès l’ouverture de son intervention, M. Mukongo a rendu hommage au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ainsi qu’à son envoyé spécial dans la région, l’ambassadeur Wansia, pour leur implication dans les efforts de stabilisation. Il a ensuite évoqué le rapport S/2025/516 du 1er octobre 2025, qui documente la dégradation continue de la sécurité dans l’Est du pays, notamment au Sud-Kivu dans la ville d’Uvira, épicentre des tensions transfrontalières entre la RDC, le Burundi et le Rwanda.
Le diplomate congolais a rappelé la Résolution 2773 adoptée par le Conseil le 21 février 2025, exigeant le retrait de l’AFC/M23 de Goma, Bukavu et de toutes les zones occupées, ainsi que le démantèlement des administrations parallèles. Il a également souligné l’injonction faite au Rwanda de cesser tout soutien au M23, et de retirer ses troupes du territoire congolais.
Malgré les processus de Washington et de Doha, l’ambassadeur a exprimé de vives inquiétudes quant à la sincérité de l’engagement du Rwanda et de ses alliés. Il a cité des violations graves survenues en juillet, septembre et octobre 2025 : plus de 300 civils tués à Rutshuru, 272 cas d’exécutions sommaires, plus de 300 viols, autant de tortures, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des recrutements forcés, notamment à Chanzu et Rumangabo.
Ces crimes, qualifiés d’organisés et systématiques, visent particulièrement les jeunes congolais sous couvert de formations militaires forcées. Au même moment, l’ambassadeur a appelé à une action urgente et concertée de la communauté internationale pour faire respecter les résolutions du Conseil et protéger les populations civiles.
Mongongo
