Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, au Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies. Genève. Capture d'écran/ MONGONGO NEWS
La République démocratique du Congo a réaffirmé son engagement à combattre les violations des droits humains, en particulier dans les zones affectées par le conflit armé dans l’Est du pays. S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a assuré que Kinshasa a placé la protection des civils, notamment des femmes et des enfants, au cœur de son action publique.
Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la cheffe de la diplomatie congolaise a évoqué une série de réformes destinées à renforcer l’État de droit et à garantir la redevabilité. Elle a notamment mis en avant une « politique de tolérance zéro » face aux violences sexuelles liées au conflit, accompagnée de poursuites judiciaires et de la mise en place d’un fonds national de réparation destiné à restaurer les droits et la dignité des victimes.
Dans cette dynamique, le gouvernement congolais affirme également s’attaquer aux causes profondes des violations, notamment à travers la création d’un tribunal pénal économique et financier chargé de réprimer les crimes économiques et les faits de corruption, considérés comme des facteurs aggravant la fragilité sociale et la privation des droits fondamentaux.
Plus de 17 000 violations recensées dans l’Est
Thérèse Kayikwamba a par ailleurs dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où plusieurs mécanismes internationaux ont documenté des abus graves. Selon elle, les exactions attribuées notamment à la rébellion de l’AFC-M23 incluent des exécutions, des violences sexuelles, des déplacements forcés, l’enrôlement d’enfants et le pillage des ressources naturelles.
Un rapport consolidé présenté par Kinshasa fait état de plus de 17 000 atteintes graves aux droits humains, dont plus de 15 000 décès, des centaines d’enlèvements et des millions de déplacés. Face à cette situation, les autorités congolaises affirment avoir pris des mesures juridiques pour préserver l’ordre légal, notamment par l’annulation des actes posés dans les zones sous occupation et par l’ouverture de procédures judiciaires visant les auteurs présumés de ces crimes.
La RDC indique également coopérer avec les mécanismes internationaux d’enquête afin d’établir les responsabilités et de garantir que les violations ne restent pas impunies. Les autorités affirment poursuivre en parallèle leurs efforts pour prévenir les discours de haine et assurer le respect des garanties judiciaires dans le traitement des infractions liées au conflit.
Dans la même ligne, la RDC a insisté sur l’importance de préserver la crédibilité du système international de protection des droits humains, considérant que la justice et la reddition des comptes demeurent indispensables à toute perspective de paix durable et de stabilité.
Le gouvernement congolais a aussi rappelé son exigence quant au respect des normes internationales dans l’exploitation des ressources naturelles stratégiques, affirmant sa volonté de renforcer la responsabilité des acteurs impliqués dans ces chaînes économiques, dans un contexte où les violences persistantes continuent, selon lui, de compromettre ces efforts.
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