Félix Tshisekedi, président de la RDC, du haut de la tribune de l'ONU, à la 80è A.G./2025. © Présidence RDC
À la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le président congolais Félix Tshisekedi a dénoncé la persistance de la violence dans l’Est de la RDC, alimentée par le pillage systématique des ressources naturelles. Il a plaidé pour l’instauration de sanctions ciblées contre les responsables de ces crimes.
« Nous demandons que les Nations Unies instaurent un régime de sanctions contre les auteurs de crimes économiques, mais aussi contre ceux qui commettent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide à l’Est de mon pays, et qu’elles soutiennent toutes les actions visant à tarir les circuits illicites d’approvisionnement en minerais qui financent depuis des décennies la guerre et la tragédie humaine », a déclaré le chef de l’État.
« Un génocide silencieux »
À la veille de la création d’une commission d’enquête indépendante décidée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Tshisekedi a lancé un appel solennel à la communauté internationale, exhortant États et institutions à soutenir cette initiative cruciale pour établir la vérité sur les massacres et le pillage.
Dans un contexte mondial marqué par les crises en Ukraine, en Palestine, au Yémen, en Birmanie ou encore en Syrie, il a rappelé que le drame congolais, bien que moins médiatisé, demeure l’une des tragédies les plus longues et les plus meurtrières de l’époque contemporaine.
« Ce n’est pas seulement un conflit, c’est un génocide silencieux, nourri par le pillage effréné de nos richesses », a-t-il insisté.
Pour lui, la guerre dans l’Est dépasse la dimension militaire : elle poursuit des objectifs économiques clairs — s’approprier les ressources naturelles, effacer la mémoire collective et détruire les communautés locales. Le bilan est accablant : des millions de morts, près de 7 millions de déplacés internes, des villages rayés de la carte et des générations sacrifiées.
S’appuyant sur le rapport Mapping de l’ONU, qui documente l’ampleur des atrocités, Tshisekedi a souligné la nécessité de rendre justice aux victimes et de jeter les bases d’une paix durable, fondée sur la mémoire, la vérité et la responsabilité partagée.
Ce discours marque un tournant dans la diplomatie congolaise, en mettant le pillage des ressources et le « génocide silencieux » au cœur des préoccupations internationales. Le président congolais appelle à une mobilisation mondiale pour que la vérité éclate, que les responsables soient sanctionnés et que les victimes retrouvent enfin leur dignité.
Mongongo
