Délégations de l'Angola, la RDC et la Zambie à l'ouverture de la Première réunion de coordination consacrée au Corridor de Lobito. Photo d'ensemble ; droits/ Min. Commerce extérieur RDC
À Luanda, ce jeudi 5 février 2026, la République démocratique du Congo, l’Angola et la Zambie ont pris part à la première réunion de coordination consacrée au corridor de Lobito, une infrastructure stratégique appelée à devenir un pilier de l’intégration économique régionale. Ouverte par le président angolais João Lourenço, en présence de partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, cette rencontre marque le passage d’une dynamique politique à une mise en œuvre plus opérationnelle du projet.
Au cœur des échanges de deux jours figurent l’alignement des politiques publiques, la coordination des investissements et la mobilisation des acteurs publics et privés pour accélérer la croissance, stimuler le commerce transfrontalier et créer des emplois. Cette rencontre traduit une volonté commune de transformer cet axe reliant l’Afrique australe et centrale aux marchés mondiaux en un corridor de développement à fort impact économique et social.
Dans son discours d’ouverture, João Lourenço a insisté sur la nécessité d’une coordination efficace et pragmatique entre les parties prenantes. « Le corridor de Lobito s’est avéré être un axe clé de liaison entre [nos pays], avec un énorme potentiel pour dynamiser le commerce, la logistique et la transformation économique dans notre région », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif n’est pas d’alourdir la bureaucratie, mais de garantir l’exécution harmonisée des initiatives.
Au-delà des infrastructures ferroviaires, routières et portuaires, le projet se veut résolument multisectoriel. Les priorités incluent le développement de l’agro-industrie, l’accès élargi à l’énergie, la création de zones économiques spéciales, la modernisation numérique, la formation professionnelle et la transformation locale des ressources. Une approche intégrée destinée à faire du corridor un véritable moteur de croissance inclusive, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.
La RDC a, pour sa part, défendu une vision multimodale articulée autour des rails, des routes de desserte agricole, des plateformes logistiques, mais aussi du commerce, de l’énergie et des villes modernes. La première phase prioritaire concerne notamment l’axe Dilolo–Kolwezi–Tenke, avec l’intégration stratégique du segment ferroviaire Sakania–Tenke–Kolwezi, long de plus de 500 kilomètres, afin de maximiser l’impact économique sur le territoire congolais.
Intervenant à la table ronde, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a mis en avant les réformes engagées pour faciliter les échanges. Il a notamment rappelé que la ratification par la RDC de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce « a une incidence positive sur les opérateurs économiques, avec la réduction des coûts et des délais dans les procédures d’importation, d’exportation et de transit ».
La forte mobilisation internationale témoigne de l’importance stratégique du corridor de Lobito. Outre la Banque mondiale, plusieurs institutions financières multilatérales et partenaires bilatéraux, dont la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne et des agences de financement américaines, ont réaffirmé leur engagement à accompagner les investissements et les réformes structurelles nécessaires à la réussite du projet.
Conçu à l’origine pour faciliter l’exportation des minerais du Grand Katanga et du Copperbelt zambien vers l’Atlantique, le corridor de Lobito ambitionne désormais de devenir une plateforme régionale de développement économique. Entre intégration des chaînes de valeur, industrialisation locale et amélioration de la connectivité, les pays partenaires se montrent déterminés à faire de cette infrastructure un catalyseur de prospérité partagée et un pilier du commerce intra-africain.
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