Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a qualifié d’« acte terroriste » la récente attaque de drone ayant visé l’aéroport international de Bangoka, à Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans la nuit du 31 janvier au 1er février. Cette offensive, revendiquée mercredi 4 février par l’AFC/M23, qui affirme avoir détruit un centre de commandement de drones militaires, a été aussitôt démentie par les autorités provinciales de la Tshopo.
Dans un communiqué de presse publié le 6 février, le président de la Commission de l’UA a exprimé sa « plus vive préoccupation » et condamné avec fermeté cette attaque, estimant qu’elle a « gravement exposé les populations civiles ». Il y voit une violation flagrante du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
« En l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve sa présomption de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière en vertu du droit international », a souligné Mahmoud Ali Youssouf, réaffirmant qu’aucune justification ne saurait « légitimer des actes visant ou mettant en danger des civils ou des infrastructures à usage civil ».
Le responsable de l’UA a également lancé un appel pressant à l’AFC/M23 à « cesser immédiatement toutes les hostilités », à renoncer aux méthodes de guerre indiscriminées et à se conformer strictement aux engagements pris dans le cadre des processus de paix en cours. Il a, en outre, averti que l’extension du conflit à des zones éloignées des lignes de front constitue un facteur d’escalade majeur, précisant que « de tels actes sont susceptibles d’engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et commanditaires ».
Selon des sources locales, entre le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février, huit drones kamikazes auraient été interceptés et neutralisés par les Forces armées de la RDC (FARDC) avant d’atteindre leur cible. De son côté, l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, a affirmé dans un communiqué du 4 février avoir « procédé à la destruction » d’un centre de commandement de drones militaires installé à l’aéroport de Kisangani.
Les autorités provinciales de la Tshopo ont, pour leur part, indiqué dans un message publié sur le réseau social X que les activités aéroportuaires se sont poursuivies normalement après l’attaque, assurant que la situation est restée « sous contrôle total » des forces gouvernementales.
Mongongo News
