Dans un contexte de crise persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, la République d’Angola a été mandatée pour engager des consultations avec les différentes parties concernées, en amont de la tenue d’un dialogue inter-congolais. Ce dialogue, qualifié d’« apaisé », devrait être « organisé et conduit par les institutions de la République », selon la présidence congolaise.
Lundi 9 février 2026, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a effectué un énième déplacement à Luanda pour rencontrer son homologue angolais et président sortant de l’Union africaine, João Lourenço. Les deux chefs d’État ont été rejoints par le président du Conseil togolais et médiateur désigné de l’Union africaine dans la région des Grands Lacs, Faure Gnassingbé, ainsi que par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, membre du Panel des cinq facilitateurs dans le cadre de ce conflit.
Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la poursuite des efforts diplomatiques en cours, mais aussi sur la « priorité d’un cessez-le-feu inconditionnel » et la nécessité du respect des engagements pris par les parties au conflit.
Dialogue : les responsables religieux laissés sur la touche ?
À l’issue de la rencontre de ce lundi à Luanda, les dirigeants et médiateurs ont « donné mandat à l’Angola de mener des consultations avec toutes les parties congolaises intéressées en vue d’un dialogue apaisé, organisé et conduit par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution », indique une dépêche de la présidence de la RDC consultée par Mongongo News.
Cette orientation semble toutefois reléguer au second plan les responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), traditionnellement en première ligne dans la promotion d’un « dialogue national inclusif » qu’ils entendent conduire eux-mêmes. Dans leurs propositions, ces confessions religieuses plaident pour la participation de l’ensemble des acteurs concernés, y compris l’opposition politique et « l’opposition armée ».
L’opinion congolaise demeure divisée quant aux modalités d’organisation de ces assises. Si le pouvoir campe sur la tenue d’un « forum souverain et institutionnel » sur le territoire national, excluant les « agresseurs », l’opposition, pour sa part, se montre quasi unanime en réclamant que l’organisation et la conduite du dialogue soient confiées au tandem CENCO-ECC. Elle plaide également contre toute exclusion, redoutant la tenue d’un simple « monologue ».
Mongongo News
