Jean Marc Kabund A Kabund
Alors que s’ouvre ce mercredi 3 septembre la Conférence de Johannesburg, organisée par la Fondation Thabo Mbeki, plusieurs figures de l’opposition congolaise n’ont pas pu effectuer le déplacement, leurs visas ayant été refusés par le gouvernement sud-africain.
Dans un message publié la veille sur X (ancien Twitter), Jean-Marc Kabund, président du parti Alliance pour le changement (ACh) et ancien cacique du pouvoir, a accusé le régime de Félix Tshisekedi d’être à l’origine de cette décision.
« Il est certes vrai que l’octroi d’un visa relève de la souveraineté d’un État », reconnaît Kabund, qui estime, cependant, que « refuser [le visa] à un opposant politique sur demande du gouvernement de son pays, est une violation des droits humains ».
Dans le même tweet, il s’en prend au pays-hôte, reprochant à Pretoria de « céder à la pression de Tshisekedi » et de s’écarter de « la ligne politique tracée par Nelson Mandela après l’apartheid ».
« Tout porte à croire que si le régime tyrannique de Kinshasa demandait au gouvernement sud-africain de traquer les opposants congolais sur son territoire, il le ferait. Honte à ce pouvoir complice, fossoyeur de la liberté et de l’héritage de Mandela », a-t-il pesté.
Autre victime de ce refus : le parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) de Matata Ponyo Mapon, récemment condamné dans une affaire de détournement de fonds publics.
Dans un communiqué du 2 septembre, consulté par Mongongo News, la formation a annoncé son absence physique à la conférence, faute d’avoir obtenu les visas et titres de voyage nécessaires.
« Cette situation, totalement indépendante de notre volonté, rend matériellement impossible notre présence physique à ces assises », écrit le parti.
Prévue du 3 au 6 septembre, la Conférence de Johannesburg, dédiée au dialogue continental sur la paix et la sécurité et portant un focus sur la situation en République démocratique du Congo, devait accueillir plusieurs acteurs congolais, parmi lesquels des figures influentes de l’opposition ainsi que certains proches du pouvoir.
Kinshasa, pour sa part, a rejeté fermement cette initiative, affirmant être « déjà engagé dans trois pistes de paix en cours », en référence notamment aux accords de Washington avec Kigali, aux négociations de Doha avec l’AFC/M23 et au dialogue national en préparation, initié par les autorités religieuses.
Félix ISSA / Mongongo
