Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence (OCHA), en visite auprès des communautés touchées par la crise au Nord-Kivu. © OCHA
Au terme de sa mission dans l’est de la République démocratique du Congo, le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, s’est dit profondément préoccupé par la détérioration des conditions humanitaires dans la région, aggravée par une baisse notable du soutien financier international.
Lors d’une visite jeudi dans les environs de Goma, au Nord-Kivu — une zone occupée par les rebelles de l’AFC/M23 depuis plus de cinq mois —, le haut responsable de l’OCHA a souligné le contraste frappant entre l’augmentation des dépenses militaires à l’échelle mondiale et le recul des financements destinés à l’aide humanitaire.
« Alors que les pays de l’OTAN viennent d’annoncer une hausse de 5 % de leurs dépenses militaires, les fonds destinés à l’action humanitaire atteignent aujourd’hui leur niveau le plus bas », déplore une note publiée sur le portail officiel de l’ONU.
La situation est d’autant plus alarmante que les États-Unis, jusqu’ici principaux contributeurs, responsables à eux seuls de 70 % de l’aide humanitaire de l’ONU en RDC, ont réduit leur engagement.
Dans une déclaration à l’issue de sa mission, Tom Fletcher a dressé un tableau sombre des réalités humanitaires. « Des enfants meurent faute d’eau potable. Des familles vivent sans abri, sans accès aux soins. Des femmes, victimes de violences, sont livrées à elles-mêmes. Mutilées dans leur chair, elles cherchent simplement la force de recommencer à vivre ».
Pour le responsable onusien, les coupes budgétaires ne sont pas abstraites. « Elles sont bien réelles, et des gens meurent à cause de cela. Cela nous oblige à faire des choix cruels, des choix de vie ou de mort ».
Il a salué le dévouement des acteurs humanitaires présents sur le terrain, tout en appelant la communauté internationale à intensifier ses efforts.
L’ONU plaide notamment pour un engagement urgent autour d’un plan d’ultra-priorisation visant à sauver 114 millions de vies en 2025. « Nous ne demandons qu’1 % de ce que le monde a dépensé pour l’armement l’an dernier », a-t-il lancé.
Mongongo
