Des membres du CPJ Kasaï Central protestent contre la réhabilitation de leur président E. Kabangu. © Nestor Ilo/Mongongo News
Un climat de crispation secoue actuellement le Conseil Provincial de la Jeunesse (CPJ) du Kasaï Central, à la suite de la réhabilitation d’Emmanuel Kabangu à la tête de cette structure, sur décision du ministre provincial en charge de la Jeunesse. Jugée unilatérale, cette mesure a provoqué une vive fronde au sein du bureau : douze de ses membres ont symboliquement déserté leurs fonctions pour s’installer sous un manguier, en signe de protestation.
S’exprimant devant la presse locale, ces douze membres dénoncent un retour imposé, décidé sans consultation ni convocation d’une assemblée générale statutaire. Ils reprochent à Emmanuel Kabangu de n’avoir jamais présenté d’excuses publiques après son éviction liée à une affaire de mœurs. Pour eux, son retour sans réparation morale ni processus de dialogue constitue un acte de mépris envers les autres membres du bureau.
Le collectif critique par ailleurs ce qu’il qualifie de gestion autoritaire du président réhabilité. Il cite notamment la création récente par ce dernier d’un nouveau groupe WhatsApp, regroupant des structures de jeunesse du Kasaï Central, sans en référer ni informer les autres membres du CPJ. Un comportement perçu comme diviseur, contraire à l’esprit de collégialité et aux principes de transparence qui devraient prévaloir au sein du conseil.
La fronde vise également le ministre provincial de la Jeunesse, accusé d’avoir pris une décision hâtive sans consultation de toutes les parties concernées. Les protestataires estiment que seule la version d’Emmanuel Kabangu a été prise en compte, au mépris des plaintes et griefs formulés depuis plusieurs mois par les autres membres du bureau.
Face à cette crise de gouvernance, les douze membres contestataires exigent la convocation immédiate d’une assemblée générale afin de clarifier la situation et de redéfinir le leadership du CPJ. En attendant, ils préviennent qu’aucune activité ne sera menée ni validée, tant que leur revendication ne sera pas entendue, avertissant du risque d’une crise de légitimité durable au sein de cette structure de représentation des jeunes.
Nestor Ilo
