Le Cardinal Ambongo reçu par le Pape Léon XIV - Photo d'illustration. © VATICAN MEDIA
Trois cardinaux issus des pays du Sud ont lancé une alerte solennelle contre le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, dénonçant « des siècles d’extractivisme, d’esclavage et d’exploitation » orchestrés par les nations dites avancées. Dans un document adressé au pape Léon XIV, ils interpellent la conscience mondiale sur l’appauvrissement structurel du continent et plaident pour une véritable justice climatique.
Venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, les trois prélats ont remis au souverain pontife un texte de plaidoyer intitulé « Un appel pour la justice climatique et la maison commune : conversion écologique, transformation et résistance aux fausses solutions ». Ce document appelle le pape à porter leur message lors de la prochaine COP30, prévue en novembre 2025 à Belém, au Brésil.
« L’Afrique n’est pas un continent pauvre, comme on le dit souvent, mais un continent pillé, saccagé, vandalisé », a déclaré le cardinal congolais Fridolin Ambongo, lors d’une conférence de presse tenue le 1er juillet à Rome.
L’archevêque de Kinshasa a pointé du doigt les grandes puissances industrielles engagées dans une course effrénée aux métaux critiques, indispensables à la transition énergétique, mais souvent extraits au prix de la destruction d’écosystèmes et de la souffrance des communautés locales.
Selon lui, cette ruée vers les ressources stratégiques — cobalt, lithium, coltan, cuivre — est directement liée à l’instabilité sécuritaire en Afrique, notamment en République démocratique du Congo.
« La course aux minerais stratégiques est aujourd’hui, surtout en Afrique, à l’origine de la prolifération de groupes armés », a-t-il affirmé, dénonçant un système où l’enrichissement se fait au détriment des peuples.

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Les cardinaux fustigent également ce qu’ils appellent le « capitalisme vert », estimant que les nouvelles logiques de compensation carbone ou d’économie verte masquent une injustice climatique criante.
« Le continent qui pollue le moins est celui qui paie le prix le plus fort », ont-ils rappelé, précisant que plus de 500 millions de personnes dans le Sud, notamment en Afrique, subissent déjà de plein fouet les effets du dérèglement climatique.
Interpellant la communauté internationale sur les dérives de certains mécanismes de marché, le cardinal Ambongo a poursuivi : « Comment pouvons-nous tolérer que le marché du carbone transforme nos forêts en actifs financiers, pendant que nos communautés manquent d’eau potable ? »
Face à l’urgence, les cardinaux appellent à un changement radical de paradigme économique. « Nous exigeons une économie qui ne soit plus fondée sur le sacrifice des peuples africains pour en enrichir d’autres », a plaidé l’archevêque de Kinshasa.
Enfin, les pasteurs du Sud rejettent « les fausses solutions et les décisions prises sans écouter les peuples en première ligne face à l’effondrement climatique ».
Mongongo
