Plantation de palmier à huile. Droits tiers
La République démocratique du Congo est en passe d’intégrer le monde de la production du biodiésel. Le « Géant de l’Afrique centrale » compte, pour cela, sur son immense potentiel agricultural, avec un sol étonnamment favorable à la croissance du palmier à huile dans toutes les régions.
Kinshasa, lundi 4 novembre 2024. Lors de sa communication au 20ème Conseil des ministres de vendredi 1 novembre 2024, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé le lancement d’un important projet écologique dénommé « Couloir vert Kivu-Kinshasa », consistant en la création d’une aire protégée à vocation de réserve communautaire, en vue du développement d’une économie verte entre l’est et l’ouest du pays.
Cette initiative permettra de relier les provinces traversées par la Nationale numéro 4, à savoir le Nord-Kivu et la Tshopo (route Beni-Kisangani) et d’intégrer une partie du Bassin du fleuve Congo allant de Kisangani jusqu’à Kinshasa, renseigne le compte-rendu de la réunion hebdomadaire du gouvernement. Sur le plan sécuritaire, elle permettra de pacifier la région du Nord-Kivu et de l’Ituri secouée par la nébuleuse ADF/MTM, un groupe terroriste indexé comme auteur des massacres de plusieurs milliers d’habitants dans la zone depuis 2014, mais également d’y restaurer l’autorité de l’Etat.
Grâce au « Couloir Vert », le pays considéré comme le « 2ème poumon de la planète » compte préserver 100 mille kilomètres carrés de forêts primaires, consolider sa position de « pays-solution » face au problème des changements climatiques, et participer ainsi aux efforts visant « l’atteinte des objectifs communs de l’Accord de Paris ».
Autre objectif, « renforcer la production du biodiésel à partir de l’huile de palme »
La République démocratique du Congo veut décidément capitaliser ses ressources naturelles. Au Conseil des ministres, le président Tshisekedi a tenu les membres du gouvernement informés de sa vision d’intégrer le pays dans le monde de production du biodiésel à base d’huile de palme, un biocarburant (ou agrocarburant) actuellement prisé pour ses avantages écologiques considérables.
Avec son sol favorable à la culture du palmier à huile, la RDC entend implanter 1000 hectares de palmeraies dans chacun de ses 145 territoires dans le cadre de la deuxième phase du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
« Il convient que l’ICCN, assisté des différents services du ministère de l’Environnement et de ses partenaires, procède à l’élaboration d’une étude de la nouvelle aire protégée qui soit intégrée dans la phase 2 du PDL-145T, la mise en exploitation de 2 000 hectares, dont 1 000 hectares seront dédiés aux plantations de palmiers à huile dans chacun des 145 territoires du pays, l’objectif étant de renforcer la production du biodiesel à partir de l’huile de palme sur l’ensemble du territoire national », a rapporté Patrick Muyaya, ministre congolais de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, lors de la présentation du compte-rendu de la réunion des ministres.
Le centre de recherche en agriculture de Yangambi, basé dans la province de la Tshopo, est chargé de préparer les semences de noix de palme destinées à être utilisées dans ce projet, qui sera accompagné par le Conseil consultatif présidentiel du Pacte national pour l’agriculture et l’alimentation (CPP-PNAA).
La RDC, avec ses 80 millions d’hectares de terres cultivables, entend occuper une position d’avant-plan dans la production du biodiésel fabriqué à partir de l’huile de palme. Ce produit présente plusieurs avantages environnementaux : il est renouvelable et beaucoup plus biodégradable que le diésel pétrolier, mais également, il permet de réduire les émissions des gaz à effet de serre et a un faible taux de toxicité.
Félix ISSA/Mongongo
