Le bateau MV Merdi sombre avant de couler à quelques mètres du port de Kituku/Goma. Photo tiers.
Des minerais de coltan et de cassitérite seraient chargés sur le bateau qui a fait naufrage jeudi 3 octobre dernier non loin du port de Kituku, à Goma, coulant avec des centaines de passagers et des marchandises à bord. Le bilan humain du naufrage reste encore incertain, alors qu’une trentaine de corps seulement avaient déjà été repêchés au jour des obsèques publiques, le jeudi 10 octobre 2024. Des sources officielles parlaient également de 58 rescapés.
Goma, samedi 12 octobre 2024. Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi a fait jeudi de nouvelles révélations concernant le naufrage du bateau MERDI. Prenant la parole à l’occasion de la cérémonie funéraire organisée pour rendre les derniers hommages aux victimes de cet accident, au stade de l’Unité de Goma, province du Nord-Kivu, l’autorité provinciale du Sud-Kivu a laissé entendre que l’embarcation transportait « probablement des minerais de la cassitérite et du coltan », tout en ajoutant que « ces minerais se déplaçaient d’une manière frauduleuse ».
Jean Jacques Purusi s’est aussi attaqué violemment au « sens d’irresponsabilité » qui a entouré cette tragédie, non seulement de la part des autorités du pays, et particulièrement celles des provinces du Nord et du Sud-Kivu touchées par le drame, mais aussi celui de la population civile.

« La plupart des dirigeants que nous avons ici, ainsi que d’autres qui sont à Kinshasa, sont des voleurs, des irresponsables. Voilà pourquoi tout devient ‘COP’ (arrangements illicites). C’est cela qui fait que des bateaux sont en train de couler. On embarque 500 personnes dans un bateau qui a la capacité de 100 personnes. Il y a eu des hypothèses selon lesquelles beaucoup de gens ont été embarqués même sans avoir été inscrits sur le manifeste du bateau, juste parce qu’ils ont donné quelque chose », a-t-il lâché devant la triste audience présente à ces obsèques.
Et d’ajouter :
« C’est cette culture de COP qui fait que nous, les civils, ne portions pas de gilet de sauvetage. [Vous verrez] quelqu’un entrer dans un bateau et trouver plus de 500 personnes à bord alors que celui-ci n’a que la capacité de 100 personnes, mais il y reste quand même. Nous sommes aussi quelque part irresponsables dans tout cela ».
Par la même occasion, le gouverneur Purusi a rappelé qu’après le chavirement d’une embarcation motorisée, en 2019 à Mukwidja, territoire de Kalehe, toujours sur le lac Kivu, le président de la République Félix Tshisekedi avait fait un don de 1000 gilets de sauvetage en faveur des armateurs, mais qui ont « disparus sans trace ». « [le président] nous avait aussi doté de 4 bateaux, mais ces derniers n’ont même pas couvert ces ports d’ici, c’est à dire ceux de Minova Centre, Kiniezire, Nyamukubi et Kasunyu, mais ont été orientés en ville, à Bukavu. Et aujourd’hui, c’est un seul qui reste opérationnel », a-t-il déploré.
Il a, en revanche, annoncé que les personnes citées dans le dossier du drame du 3 octobre sont déjà aux arrêts, même ceux qui étaient déjà en cavale. Mais également, « Sur instruction du chef de l’Etat, nous avons mis en place un cadre permanent de concertation sur la gestion du lac Kivu », a-t-il informé. Cette structure réunira des acteurs de société civile, des chefs traditionnels, des autorités politico-administratives et militaires du Nord et du Sud-Kivu. Purusi a également annoncé l’octroi de 5000 gilets de sauvetage aux armateurs opérant sur le lac Kivu.
Mongongo

Ces autorités méritent une sanction sévère comme radiation de la fonction publique.