Les autorités du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) ont dénoncé l’abattage d’un gorille de Grauer, espèce endémique de l’est de la République démocratique du Congo classée en danger critique d’extinction. L’animal a été tué le 10 juillet dernier dans le secteur du marais Musisi, à l’intérieur de cette aire protégée située en territoire de Kalehe, non loin de la Route nationale n°3.
Selon les informations recueillies auprès de sources locales, un suspect a été interpellé avant d’être transféré devant les instances judiciaires de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, où il devra répondre des faits qui lui sont reprochés.
L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) se dit profondément indigné par cette « mise à mort gratuite » et assure que les responsables de cet acte seront recherchés et punis conformément à la loi. L’établissement public annonce également l’intensification des patrouilles de surveillance des écogardes. Celles-ci avaient été suspendues depuis février 2025 en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La direction du Parc national de Kahuzi-Biega qualifie cet abattage de grave atteinte au patrimoine naturel de la RDC. Elle rappelle que le gorille de Grauer bénéficie d’une protection intégrale en vertu de la législation congolaise et demeure l’une des espèces emblématiques de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le parc réaffirme, par ailleurs, son engagement à préserver les écosystèmes placés sous sa responsabilité et à renforcer la conservation des gorilles de Grauer, en collaboration avec les communautés riveraines, les peuples autochtones Wambuti, les autorités publiques et les partenaires de la conservation.
Situé au cœur d’une région en proie à une forte insécurité depuis plusieurs années, le Parc national de Kahuzi-Biega subit une dégradation préoccupante de son écosystème. Selon l’organisation environnementale Terra Nova, la présence de plusieurs groupes armés à l’intérieur de cette aire protégée favorise le braconnage, la destruction d’infrastructures ainsi que l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Les répercussions se font également sentir sur le tourisme, l’une des principales sources de valorisation du parc. D’après un responsable de Terra Nova, Kahuzi-Biega n’a plus accueilli de visiteurs depuis 2025, conséquence directe de la persistance de l’insécurité dans cette partie de l’est de la RDC.
Félix ISSA / Mongongo News
