Illustration : Tas de vieux billets de francs congolais. © Droits tiers
La Banque centrale du Congo (BCC) a procédé, le 8 janvier, à une nouvelle injection de 50 millions de dollars américains sur le marché des changes, via les banques commerciales, au taux indicatif de 2 040 francs congolais pour un dollar. Selon l’institution d’émission, cette opération visait à répondre aux besoins ponctuels de liquidité en devises du système bancaire, dans un contexte marqué par des pressions cycliques observées après les festivités de fin d’année.
Cette intervention a été effectuée alors que le franc congolais enregistrait une légère dépréciation sur le marché parallèle, où le dollar s’échangeait entre 2 300 et 2 400 FC dans certaines zones de la capitale.
« Un suivi rapproché de la situation sur le marché des changes révèle, à la date du 10 janvier, certaines tensions sur le segment parallèle, attribuables à des comportements spéculatifs nourris par des anticipations négatives de la part de quelques opérateurs économiques », indique la BCC dans un communiqué consulté par Mongongo News.
Une nouvelle intervention similaire a été menée le 12 janvier, précise la Banque centrale, qui appelle les opérateurs économiques et le grand public à maintenir leurs transactions dans un climat de confiance et à privilégier les circuits bancaires formels, conformément à la réglementation en vigueur, pour satisfaire leurs besoins en devises.
La BCC souligne par ailleurs que le niveau actuel de ses réserves internationales lui confère une capacité d’intervention soutenue et continue sur le marché des changes, tout en assurant une couverture jugée confortable des importations de biens et services.
« Les conséquences seront lourdes », avertit Godé Mpoy
Depuis le début du redressement du franc congolais face au dollar, amorcé en septembre 2025, le député national et économiste Godé Mpoy s’oppose fermement à ce qu’il qualifie d’« appréciation artificielle » de la monnaie nationale. Il critique le recours répété de la BCC aux injections de devises, y voyant une stratégie risquée pour les équilibres macroéconomiques.
« En économie, on n’utilise pas les réserves de change pour apprécier durablement une monnaie. On y recourt de manière exceptionnelle et temporaire, en situation de crise. Il est donc préoccupant que la RDC les mobilise de façon quasi systématique, au risque d’en éroder le niveau », écrit-il dans une analyse publiée sur X (anciennement Twitter).
Selon lui, ces interventions, engagées depuis septembre 2025, n’ont pas empêché le franc congolais de franchir à nouveau le seuil de 2 400 FC pour un dollar sur le marché parallèle. L’économiste met également en garde contre les effets induits d’une inflation libellée en dollars, estimant que si cette dynamique persiste, les conséquences économiques et sociales pourraient être lourdes.
Mongongo News
