Rassemblement des fonctionnaires à la place Golgota à Kinshasa- Gombe. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a reconnu que le décalage observé dans le paiement des salaires des agents publics pourrait encore persister pendant « quelques mois » avant un retour à la régularité, de manière durable. Alors que le ministère des Finances avait fixé le début des opérations de paie au 25 de chaque mois, plusieurs fonctionnaires disent attendre désormais jusqu’au 16, voire au 18 du mois suivant, pour percevoir leur rémunération.
L’exécutif évoque principalement des tensions sur la trésorerie de l’État, dans un contexte marqué par l’augmentation de la masse salariale et les dépenses liées à la sécurité et à l’aide humanitaire, tandis que ces employés dénoncent le malaise.
Cette situation a été évoquée jeudi 5 mars à Kinshasa lors d’une réunion du Comité de conjoncture économique présidée par la Première ministre Judith Suminwa. À l’issue de la rencontre, le vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a indiqué que le gouvernement s’emploie à rétablir progressivement un paiement des salaires dans le mois, comme cela était le cas auparavant.
Selon lui, plusieurs mesures sont en cours d’examen pour améliorer la mobilisation des recettes publiques et réduire la pression sur la trésorerie. L’objectif, a-t-il expliqué, est de stabiliser le système de paiement et de revenir à une situation normale dans un délai de quelques mois, tout en assurant la continuité du versement des salaires.

Dans ce contexte, l’exécutif affirme également vouloir mieux encadrer l’évolution de la masse salariale de l’État, qui pèse de plus en plus lourd dans les finances publiques, notamment en raison des dépenses sécuritaires et des programmes sociaux.
Un audit de 30 jours pour assainir le système de paie
Parallèlement, la Primature a annoncé le lancement imminent d’un audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État. L’opération sera pilotée par la Primature et coordonnée par l’Inspection générale des finances (IGF), avec la participation d’inspections sectorielles notamment issues de la Défense, de la Police, de la Fonction publique et de l’Éducation.
Cet examen vise notamment à confronter les effectifs budgétaires, administratifs et ceux effectivement rémunérés. Les autorités entendent ainsi identifier d’éventuels doublons, détecter des agents fictifs et relever les irrégularités susceptibles d’affecter la chaîne de paiement des salaires.
Selon l’inspecteur général des finances Christophe Bitasimwa, les travaux devraient débuter dans les prochains jours pour une durée maximale de trente jours. Les conclusions attendues devront permettre de sécuriser durablement le système de paie et de renforcer la discipline budgétaire.
Cité par Actu30.cd, le vice-premier ministre Daniel Mukoko Samba a précisé que ces mesures s’inscrivent dans une série d’actions destinées à soulager la trésorerie publique et à garantir, à terme, un paiement régulier des salaires des agents de l’État.
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