Produits agricoles dans un marché au Burundi. © Africa Press
En province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, les biens agricoles produits localement se raréfient progressivement sur le marché, cédant la place aux produits de champ importés des pays voisins. Ce constat a été fait dans un marché situé à l’extrême est de Goma, où tubercules, légumes et épices viennent tout droit du Rwanda.
Goma, lundi 25 novembre 2024. La pomme de terre, l’oignon, le poireau, la tomate, le gingembre et plusieurs types de fruits à l’état brut visibles sur le marché, dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, sont, depuis un bail, importés du Rwanda et d’autres pays voisins à l’instar de la Tanzanie, du Burundi et de l’Ouganda, laissant l’agriculture locale au point mort.
La ville qui héberge près de deux millions d’habitants « doit désormais compter sur des importations massives » pour répondre aux besoins de ceux-ci, renseigne le média en ligne Lepoint.cd. « Les produits acheminés par le lac Kivu depuis Minova ne suffisent plus à combler la demande croissante. Cette dépendance met en lumière un déséquilibre économique important : les pays exportateurs tirent profit de cette situation, tandis que les producteurs locaux, frappés par l’instabilité, peinent à subsister », estime la source.
Une parmi les graves conséquences de la guerre
La ville de Goma, qui constituait l’un des plus grands centres de consommation des produits agro-pastoraux provenant de l’intérieur de la province du Nord-Kivu, fait face à l’une des conséquences les plus extrêmes de la guerre. Les principales voies d’approvisionnement reliant la ville aux territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale et Lubero sont coupées des suites de l’occupation de ces agglomérations par les rebelles de la coalition RDF-M23.
Une des vendeuses de ces produits vivriers, rencontrée par Radio Okapi, pense que « nous sommes les grands perdants ». Comme cause de cette situation, celle-ci fait savoir que « les agriculteurs ont fui leurs milieux. Les rares produits de champ locaux qu’on peut trouver ici sont très chers. Plusieurs voies d’évacuation sont fermées ».
Alors que le Nord-Kivu compte officiellement le plus grand nombre de déplacés internes, 2.5 millions de personnes qui ont fui les violences abandonnant leurs terres, d’après le Bureau des Nations-Unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA), le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) peint un tableau sombre de la sécurité alimentaire dans cette région. Cette structure avance, entre juillet et décembre 2024, un chiffre estimé à 2.4 millions de personnes se trouvant dans une situation de non-accès à une alimentation adéquate en passe d’atteindre de niveaux critiques, dans cette province réputée pour regorger d’énormes étendues de terres agricoles.
Mongongo
