ILLUSTRATION/ Armes, munitions et tenues militaires abandonnées par terre à Goma. Droits photo : AFP
Un rapport officiel présenté le week-end dernier (21/02) à Kinshasa fait état de 17 015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique documentées depuis fin janvier 2025 dans les villes de Goma et Bukavu et leurs environs, dans l’est de la République démocratique du Congo. Le document, remis à la Première ministre Judith Suminwa à l’issue d’un atelier organisé par le ministère des Droits humains, attribue ces exactions aux rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda.
Selon les données compilées par des experts publics, des ONG et des organisations de la société civile, ces violations incluent 15 769 cas d’atteintes à la vie, ainsi que des centaines d’enlèvements et d’actes assimilés à des traitements inhumains. Le rapport évoque également des violences sexuelles, des arrestations arbitraires, des destructions d’infrastructures civiles et des déplacements massifs de populations.
Au total, la crise sécuritaire aurait contribué à porter à environ 7,4 millions le nombre de personnes déplacées, internes et externes, selon les estimations reprises dans ce document.
Présenté comme un outil destiné à soutenir l’action diplomatique du pays, ce rapport doit servir de base à un plaidoyer auprès de la communauté internationale, notamment en faveur de la mise en place d’un mécanisme judiciaire international sous l’égide des Nations Unies.

La cheffe du gouvernement a assuré que l’exécutif entend exploiter ces conclusions. « Nous agirons pour que justice soit faite », a-t-elle déclaré, affirmant la volonté des autorités de poursuivre les responsables présumés.
Les recommandations formulées incluent également le renforcement des capacités des forces de sécurité nationales et l’exclusion des auteurs présumés de crimes de toute fonction officielle sans procédure judiciaire préalable.
Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de placer les victimes au centre des démarches politiques et diplomatiques. « La paix durable ne peut se bâtir sur l’oubli des victimes ni sur le silence face aux crimes », a déclaré un représentant de la société civile.
Le président de la Commission nationale des droits de l’homme a, pour sa part, indiqué que les opérations de collecte d’informations se poursuivent, soulignant que ces violations traduisent l’ampleur de la crise humanitaire dans cette région.
La publication de ce rapport intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Rwanda et la RDC, alors que la situation sécuritaire demeure instable dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques en cours.
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