Des représentants des Etats-Unis, de la RDC et du Rwanda s'accordent sur des mesures concrètes pour accélérer la mise en oeuvre de l'Accord de paix de Washington. PHOTO : State Dpt.
Pour l’une des rares fois, Washington a explicitement fait mention des « mesures défensives » exercées par le Rwanda à l’intérieur du territoire de la République démocratique du Congo, dans le cadre de sa médiation du conflit dans la région des Grands Lacs. Des représentants congolais et rwandais se sont réunis mercredi dans la capitale américaine afin d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix conclu le 4 décembre 2025.
Dans une communication datée du 18 mars 2026, le Département d’État américain, qui pilote ce processus, indique que les parties ont convenu de « mesures concrètes » destinées à faire progresser leurs engagements, notamment en matière de désescalade sur le terrain.
Selon cette note, « ces efforts incluent un engagement mutuel envers des mesures spécifiques pour soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun, ainsi que le désengagement progressif des forces et la levée des mesures défensives par le Rwanda dans des zones définies du territoire de la RDC ».
En parallèle, Washington souligne la nécessité pour la partie congolaise de poursuivre des « efforts soutenus et renforcés » pour neutraliser les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et assurer la protection de l’ensemble des civils.
Une mise en œuvre encore fragile sur le terrain
Malgré certaines avancées diplomatiques, portées notamment par des initiatives régionales et continentales, la situation sécuritaire reste préoccupante sur le terrain. Selon le Baromètre des accords de paix, les dispositifs prévus pour répondre aux urgences humanitaires figurent parmi les moins avancés, avec un taux d’exécution qui peine à dépasser 23 %.
Dans son rapport de suivi pour le mois de février 2026, cette structure indépendante met en lumière plusieurs défis persistants, parmi lesquels « l’intensification des hostilités, la non-levée des mesures défensives du Rwanda, les difficultés à neutraliser les FDLR, la résurgence des tensions entre la RDC et le Rwanda, ainsi que les entraves à l’accès humanitaire pour les populations civiles ».
La dynamique a également été marquée par les sanctions annoncées le 3 mars par le Trésor américain contre l’armée rwandaise et certains de ses hauts responsables, pour « violation flagrante » des engagements pris dans le cadre du processus de paix et leur implication, aux côtés du M23, dans l’instabilité persistante dans l’est de la RDC. Ces sanctions ont été jugées « injustes » par Kigali, tandis que Kinshasa y a aperçu « un signal fort » en faveur des efforts visant à restaurer la paix dans la région des Grands Lacs.
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