ILLUSTRATION / Vue sur la mine de Tenke Fungurume, à Lubumbashi (Haut-Katanga/RDC). Droits Photo : AFP
Au forum mondial Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC 2026), mardi 3 mars 2026, la République démocratique du Congo a réaffirmé son statut de géant minier, avec une production annuelle de cuivre dépassant les 3 millions de tonnes et un cobalt dont le prix a bondi de 20 000 à près de 55 000 dollars la tonne. Devant des investisseurs nord-américains et africains, Kinshasa a réaffirmé son ambition de transformer ses minerais sur place et peser davantage dans les chaînes de valeur mondiales.
Intervenant au « Spotlight on DRC » ainsi qu’au forum « Mining Investment in Africa », le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu la résilience du secteur malgré l’instabilité persistante dans l’Est du pays. Il a mis en avant des indicateurs solides, soulignant que la dynamique actuelle du cuivre et la remontée spectaculaire du cobalt traduisent la solidité structurelle de l’industrie minière congolaise et l’efficacité des mesures de stabilisation engagées ces derniers mois.
Au-delà des chiffres, le gouvernement congolais a détaillé plusieurs projets structurants, incluant la première production nationale de lithium, attendue dès le deuxième trimestre 2026 dans la province du Tanganyika, qui marquera l’entrée officielle du pays dans le cercle stratégique des minerais liés à la transition énergétique. Dans la même province, une raffinerie d’or doit également entrer en service, dans la dynamique d’un basculement progressif vers la transformation locale, rapporte une dépêche du ministère des Mines.
En outre, le mégaprojet des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), estimé à près de 29 milliards de dollars pour sa première phase, et censé hisser la production ferrique nationale annuelle entre 50 et 300 millions de tonnes, figure parmi les initiatives les plus ambitieuses. Conçu comme un corridor minier reliant le Nord-Est au Sud-Ouest du territoire, il vise à renforcer l’intégration logistique nationale et à repositionner la RDC comme plateforme industrielle continentale plutôt que simple zone d’extraction.

Face aux investisseurs, le ministre Louis Watum a insisté sur la nécessité de rompre avec le modèle historique d’exportation brute des ressources. Il a plutôt soutenu l’intégration de la transformation, de la maîtrise technologique et de la souveraineté industrielle dans la valorisation des minerais congolais.
« La manière dont nous valorisons nos ressources naturelles ne peut plus se limiter à la simple extraction. Elle doit s’étendre à la connaissance, à la transformation ainsi qu’à la souveraineté industrielle et économique. Nous devons inverser la tendance d’un modèle économique qui nous condamnait à exporter nos richesses brutes et à racheter des produits finis hors du continent », a-t-il expliqué.
Pour soutenir cette mutation, Kinshasa mise sur un arsenal de réformes, qui comprend notamment la digitalisation de l’administration minière, la sécurisation juridique des investissements, la stabilisation fiscale et la création de zones économiques spéciales.
Par ailleurs, en réaffirmant des partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis et d’autres acteurs internationaux, la RDC cherche à consolider un modèle de coopération dit “gagnant-gagnant”, dans lequel ses minerais deviennent un levier de puissance économique plutôt qu’un simple produit d’exportation.
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