Le gouvernement de la République démocratique du Congo en réunion du Conseil des ministres. Octobre 2025. Droits / Présidence RDC
Lors de la réunion du Conseil des ministres du 13 février, le Président Félix Tshisekedi a appelé le gouvernement à faire avancer la mise en œuvre du financement du Conseil congolais de la batterie (CCB). Le chef de l’Etat a estimé que cette condition s’avère décisive pour rompre avec un secteur minier exclusivement extractif et faire émerger une véritable industrie de transformation des minerais stratégiques.
Dès l’entame de son intervention, le président Tshisekedi a replacé l’enjeu dans sa perspective historique, qui est de sortir la République démocratique du Congo de son rôle traditionnel de fournisseur de matières premières brutes pour l’inscrire dans une dynamique de création de valeur sur son propre sol.
Cette orientation vise à « structurer les chaînes de valeur des minerais stratégiques et à inscrire résolument notre pays dans une trajectoire de transformation économique durable », indique le compte rendu de la réunion gouvernementale, consulté par Mongongo News.
Les 10% qui tardent
Force a, cependant, été de constater que les mécanismes censés alimenter financièrement le Conseil congolais de la batterie restent largement inappliqués, au grand regret du chef de l’Etat. En ligne de mire, notamment, les 10 % de la redevance minière destinés à cette structure et qui, selon les textes, doivent provenir de la part revenant au gouvernement central.
Ce blocage fragilise un instrument pourtant conçu comme l’ossature opérationnelle de la politique industrielle naissante. Le chef de l’Etat a laissé entendre que sans ces ressources, le CCB peine à jouer pleinement son rôle de catalyseur dans un secteur minier qui génère déjà plus de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an.
Or, l’enjeu dépasse largement les revenus actuels. Les projections internationales évoquent un potentiel démultiplié si le pays parvient à transformer localement ses minerais. L’accès au premier niveau de transformation pourrait multiplier les recettes par trois ou quatre, tandis qu’une intégration plus poussée dans la chaîne industrielle ouvrirait la voie à des retombées bien plus structurantes, tant pour l’emploi que pour la solidité budgétaire de l’État, estime le compte-rendu officiel.
Le pari stratégique desbatteries, entre souveraineté et alliances internationales
Derrière le Conseil congolais de la batterie se dessine en réalité une ambition plus vaste, visant à positionner la RDC au centre de l’économie mondiale de demain, celle des batteries et des véhicules électriques. Ce projet s’appuie notamment sur des partenariats stratégiques noués avec États-Unis et la Zambie, dans le cadre d’un mémorandum signé en décembre 2022, visant à développer une production locale intégrée.
Conscient de cette urgence, le Président Tshisekedi a demandé à la Première ministre d’engager sans délai les mesures nécessaires pour garantir au Conseil un accès réel à ses ressources, afin de lui permettre de remplir ses missions « au service de la transformation économique nationale », souligne le document.
Au-delà de la technicité administrative, l’enjeu est clair : transformer le cobalt, le lithium et les autres minerais critiques en moteurs d’industrialisation, plutôt que de les voir continuer à alimenter les chaînes de valeur étrangères.
Mongongo News
